L'ancien journaliste, Grand reporter et écrivain Jean Hatzfeld est l'invité du Grand entretien de la matinale de France Inter. Il est l'auteur de «Là où tout se tait » (éd Gallimard, janv 2021).

Jean Hatzfeld explique le propos de son livre sur le génocide des Tutsis au Rwanda, "le bien a perdu, mais il y a eu lutte quand même, je voulais chercher ces endroits de lutte où le bien a tenté d’exister". Certains ont tenté de sauver des Tutsis, "ils sont incroyablement rares du fait de l’explosivité de la violence, propre à ce génocide. Il n’y a jamais eu une violence sanguinaire similaire dans l’histoire humaine, c’est une soudaineté explosivité qui a empêché les gens d’hésiter de discuter".  

"Beaucoup de gens ont sauvé tout en tuant. Certains ont sauvé leur épouse, leur belle-famille, mais ont aussi participé aux expéditions. Cela a entaché cette communauté de justes."

Ces "justes" du Rwanda ont été aussi les premières victimes, à l'image d'Isidore, un ancien Hutu du village d'Anyamata, et même s'ils pensaient que "c'était fini pour les Tutsis", ils ont tenté quelque chose "pour la beauté du geste, dans l'absolu". Isidore est mort, abattu d'un coup de hache, et, explique Jean Hatzfeld, "il est mort et il n’est reconnu de rien. Le corps a été mangé par les chiens et depuis 20 ans, il n’y a pas eu un acte de reconnaissance de ce monsieur. Il n'y a toujours pas de citation ou de stèle. Isidore n’a plus d’existence sur terre".

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Quand il est arrivé en 2000 les rescapés refusaient de parler, pour des tas de raisons : "il y avait le fait d’avoir peur de ne pas être crus. Il y avait la méfiance à l’encontre de leur propre mémoire. Ils ont été animalisés, ils se sont affaiblis physiquement, intellectuellement et psychologiquement ; ils n’étaient plus capables d’aimer ou d’avoir des gestes maternels. L’animalisation est un mauvais terme, ils étaient quelque chose d’autre qu’eux mêmes et ils ont honte de cela. Ils n'avaient pas envie de parler de l’animal qu’ils avaient été".

Revenant sur la responsabilité de la France dans le déroulement du génocide, Jean Hatzfeld estime que "la responsabilité de la France est évidente à toutes les étapes".  

"La responsabilité est forte, complicité c’est un autre mot, je ne sais pas. Je ne pense pas que les archives nous apprennent tant que ça. On est devant un puzzle et désormais ce sont les historiens qui nous aideront à nous faire une idée."

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  • Légende du visuel principal: Jean Hatzfeld © AFP / MARTIN BUREAU
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