Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

"La seule question de la croissance n’est plus suffisante. Il faut se donner d’autres indicateurs pour savoir si notre société va bien" estime Laurent Berger : "On ne sait pas où on va : la seule manière que le malaise se dissipe, c’est s’inscrire dans la transition écologique et réduire les inégalités sociales".

"Collectivement il y a une forme de pessimisme et de mal être qui s’exprime", poursuit le leader de la CFDT, qui précise : " Je ne suis pas pour tout dire tout va mal, mais si on recréée pas du commun…." Et, sur les inégalités sociales, de citer l'exemple des inégalités salariales entre hommes et femmes : "Aujourd’hui à partir de 16h47, les femmes travaillent pour rien : les inégalités sont telles qu’elles minent nos relations sociales".

Sur la réforme chômage, Laurent Berger estime qu'elle "va s’appliquer tellement durement qu’on va revoir les conditions d’indemnisation à l’avenir. On veut montrer comment ça va s’inscrire dans la condition des gens : c’est une réforme qui se fait sur le dos des demandeurs d’emploi".

Sur les quotas d’immigration par profession : "Je ne pense pas qu’il y ait besoin de ça, c’est déjà le cas aujourd’hui (...) Ce n'est pas ma vision d’une politique migratoire. Le débat sur une politique d’immigration, je le trouve choquant (...) Les migrants économiques en France, c’est 30 000 personnes par an".

Laurent Berger (CFDT) trouve "choquant" d'instaurer un délai de carence de trois mois pour l'accès à l'aide médicale de base : "C'est une raison de santé publique et un devoir d'humanité (...) L’AME (aide médicale d'État) c’est 0,5% du budget de la santé".

"Être syndicaliste, c’est aussi agir dans les entreprises tous les jours" estime Laurent Berger, qui justifie l'absence de la CFDT lors de la journée de mobilisation du 5 décembre prochain : "Il faut agir par secteur sur un certain nombre de sujets, porter des revendications précises. Souvent, dans les grandes mobilisations, on a un peu un fourre-tout"

"La mobilisation, c’est pas seulement la manif de rue, c’est aussi l’analyse qu’on porte"

  • Légende du visuel principal: Laurent Berger © AFP / Ludovic Marin
Les invités
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.