Stéphane Audoin-Rouzeau, historien, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), et Jeanne Allaire, rescapée du génocide des Tutsi au Rwanda et membre de l’association Ibuka, conseillère de la maire de Paris, sont les invités du Grand entretien de France Inter.

Après la publication du rapport Duclert sur "les responsabilités lourdes et accablantes au sein de l'État français" dans le génocide des tutsis au Rwanda, Jeanne Allaire, rescapée de ce génocide, salue "un pas et une étape" mais estime que le terme "aveuglement" n'est pas approprié : "Nous le récusons : on ne peut pas dire qu’on a été aveuglé quand on connaissait le régime de Habyarimana, qui était raciste, qui était ségrégationniste, qui a organisé des pogroms, qui a planifié son génocide. On sait que suffisamment de documentations montrent que les responsables de l'époque étaient au courant".

“Ca fait 27 ans qu’on choisit les mots, qu’on nous balade. A un moment donné, nous voulons que les choses avancent plus vite que ça.“

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L'historien Stéphane Audoin-Rouzeau, qui a été exclu de la commission qui préparait le rapport, note pour autant "un pas très important" lui aussi, "qui a ouvert une brèche dans le déni français : le terme d’aveuglement ne suffit pas, c’est un aveuglement volontaire, c’est-à-dire un déni. A quoi est-il dû ? C’est lié, pour François Mitterrand et son entourage, à une inculture. Ces gens ne savaient rien, ils s’adossaient à des connaissances de la fin du XIXe siècle. A partir de cette méconnaissance profonde, ils ont pris une série de décisions stupides, et se sont accrochés à ces décisions ineptes, qui ont été absolument imperméables à tout ce qui venait comme analyses, notamment de la DGSE", explique-t-il. 

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Selon lui, "l’Elysée avait tous les moyens de savoir et a refusé de voir la nature ethniciste, c’est-à-dire raciste, du gouvernement Habyarimana, il refuse de voir l’ampleur des massacres qui se produisent dès 90, et continue chaque année avec l’appui des autorités gouvernementales, et qui sont parfaitement documentés par le poste français à Kigali et par la DGSE, et ceci n’inquiète à aucun moment le pouvoir central (...). Le rapport Duclert est très clair là-dessus, c’est un de ses grands apports : ces notes, qui sont souvent remarquables, voient clair et alertent clairement, elles sont complètement ignorées".

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Il ajoute que le rôle de la droite, en situation de cohabitation, a permis d'atténuer les effets de cet "aveuglement" : "Sans Balladur et son gouvernement, la politique française en 1994 aurait été pire. La tentation de co-belligérence avec le gouvernement intérimaire et les FAR aurait été plus importante. Edouard Balladur n’a pas empêché ce qu’il s’est passé, mais il freine".

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Aujourd'hui, Jeanne Allaire et les rescapés du génocide disent attendre "des actes : ce rapport, Emmanuel Macron l’a commandé, il l’a. Nous attendons de savoir ce qu’il va en faire. Ce que nous lui demandons c’est de prononcer un discours, le 7 avril, journée nationale qu’il a instaurée lui-même il y a deux ans pour les commémorations".

Il est temps pour nous que le président de la République présente des excuses aux familles, aux rescapés que nous sommes.

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Stéphane Audoin-Rouzeau va dans le même sens, et "supplie" même Emmanuel Macron de le faire : "Il faut que le président de la République institutionnalise cette vérité. Les Belges ont présenté des excuses, le Vatican l’a fait. Pourquoi la France serait exempte de présenter des excuses. Il faut que le président de la République le fasse".

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  • Légende du visuel principal: Stéphane Audoin-Rouzeau et Jeanne Allaire dans le studio de France Inter © Radio France /
Les invités
  • Jeanne AllaireRescapée du génocide des Tutsis au Rwanda
  • Stéphane Audoin-RouzeauHistorien, directeur de recherche à l'EHESS et président du Centre international de recherche de l’Historial de la Grande Guerre à Perronne
L'équipe
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