Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et financières, fiscalité et douanes, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

"Gilets jaunes" 

Au sujet des "gilets jaunes", Pierre Moscovici estime que la situation est préoccupante. "On peut contester la politique mais pas les institutions", explique-t-il. 

Il y a selon lui un ras-le-bol fiscal, et un contraste entre la France des métropoles qui vit bien, "où Le Pen fait 8 %", et celle des petites villes "où elle en fait 50 %".

Quand on paie beaucoup d’impôts, estime le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, il faut des services publics à la hauteur. Pierre Moscovici est partisan d'une grande réforme fiscale : "Il faut écouter Laurent Berger là-dessus". Il n’y a pas, selon lui, que la fiscalité, il dénonce aussi une "injustice sociale".

Impôt sur la fortune

Pour Pierre Moscovici, l’ISF avait des défauts mais aussi des vertus. "C'était un instrument de redistribution et l'un des piliers du consentement à l’impôt". Pour lui, cette suppression a "fragilisé le consentement à l’impôt".

Il ajoute qu'il souhaite le retour au calme et au respect des institutions, et la lutte contre les inégalités. 

Déficit budgétaire

"Gilets jaunes" et taxes sur le carburant : cette crise est française, selon Pierre Moscovici. Par conséquent, "c’est à la France de décider de ce qu’elle doit faire." Mais il prévient au sujet de la dette qui pèse sur les Français. "Si vous créez plus de dette, c’est autant d’argent en moins pour les services publics. La dette est la plus stupide des dépenses qui soit." Il rappelle que la moyenne des déficits dans la zone euros est de 0,7%. 

Le cas italien

Au sujet de l’Italie, il n'y a pas encore de nouveau budget mais Pierre Moscovici y voit deux pistes de progrès. D'abord, "on est enfin dans le dialogue" et par ailleurs, le gouvernement italien fait enfin des propositions pour réduire son déficit. 

Les GAFA

"Je suis déçu et mais toujours combatif". Pierre Moscovici estime qu'il existe encore un espoir de voir aboutir un impôt européen sur les géants du net, les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple). Notamment parce que selon lui, "La France et l’Allemagne sont ensemble". On doit, estime-t-il, avoir une approche européenne. "Nous sommes à quelques encablures de le faire."

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Pierre Moscovici sur le plateau de Questions politiques © Radio France / Capture d'écran
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