Yves Veyrier, secrétaire général FO, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand à 8h20.

Yves Veyrier
Yves Veyrier © AFP / Joel Saget

Au lendemain d'une mobilisation massive, ce jeudi 5 décembre, contre la réforme des retraites, le secrétaire général de Force ouvrière appelle à poursuivre le mouvement. "Même réussie, une journée ne suffit pas", souligne Yves Veyrier au micro de France Inter. "Ce qui était important, c'était le nombre mais aussi le périmètres", ajoute-t-il, saluant la participation de salariés du secteur privé (métallurgie, grande distribution, distribution pharmaceutique, etc). "L'adhésion la plus large sera la force de ce mouvement".

Une réunion de l'intersyndicale est prévue ce vendredi matin. "On va inviter à poursuivre, renforcer, élargir", explique Yves Veyrier. "Je sais que c’est difficile d’observer des mouvements de grève dans le secteur privé, mais il faut une solidarité public-privée la plus large possible, comme nous l’avons démontré hier. Qu’elle se confirme aujourd'hui, demain, lundi. C’est ce qui fera qu'au plus vite, on obtiendra qu’on en revienne à la sagesse".

Sur France 2 jeudi soir, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a assuré que la réforme des retraites ne devait pas comporter "immédiatement" de volet budgétaire, tel un allongement du temps de travail. Mais pas de quoi rassurer Yves Veyrier. "Ce sont encore des leurres, des arguments de communication", estime le secrétaire général de FO. 

Pour lui, le système universel de retraite par points est une "très mauvaise idée". "Évidemment, quand vous dites 'universel', ça donne bien, ou bien qu'un euro cotisé donnera les même droit, là aussi, ça a l'air plutôt équitable et juste. Mais qui a vraiment décortiqué ce que ça signifiait ?" interroge-t-il.

L'un des principaux problèmes, pour le secrétaire général de Force ouvrière, est qu'avec un régime unique, "c'est l'État qui met la main sur le pilotage. C'est inévitable".

"Le gouvernement a compris que son projet ne recueillait pas l’assentiment, loin s’en faut. Il essaie de trouver des modalités qui permettent d’apaiser le mécontentement... ", déclare Yves Veyrier. "Mais je veux pas que demain, les générations futures se retournent et disent que FO a lâché"

Emmanuel Macron n'a-t-il pas été élu sur la promesse de réformer le système de retraites ? "Je ne suis pas sûr que les électeurs avaient bien compris ce que signifiait un système universel par points", répond Yves Veyrier. "La promesse de campagne était aussi que cette réforme ne devait pas conduire à faire de nouvelles économies ni à toucher à l’âge de départ à la retraite. Or nous ne parlons plus que de ça".

Il estime également qu'in fine, les régimes spéciaux finiront par s'aligner sur le régime général, en raison de l'allongement de la durée de cotisation. 

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