Invité de France Inter mercredi matin, l'eurodéputé et candidat à l'élection européenne, Arnaud Danjean défend une ligne "euro-réaliste", entre les "ceux qui veulent détruire le projet européen" et "ceux qui veulent toujours plus d'Europe".

Arnaud Danjean a été désigné par Laurent Wauquiez pour s'engager dans la bataille de l'élection européenne. L'eurodéputé sortant est numéro trois sur une liste à trois têtes, aux côtés d'Agnès Evren, présidente de la Fédération LR de Paris et vice présidente de la région Île-de-France, et menée par François-Xavier Bellamy, adjoint au maire de Versailles. Une liste "conforme à la ligne de la droite française républicaine : pro-européenne mais euro-réaliste, affirme Arnaud Danjean. "Entre les europhobes à notre droite, qui veulent détruire l'Europe, et ceux qui veulent toujours plus d'Europe à notre gauche, (...) nous voulons que cette Europe respecte l'identité des nations", déclare-t-il.

Ex-soutien de la candidature d'Alain Juppé à l'élection présidentielle de 2017, il admet avoir été séduit, au début, par Emmanuel Macron, "jeune président réformiste et pro-européen", auquel il était "prêt à laisser sa chance". Désormais, il se dit "choqué" par sa "volonté de cliver en Europe" et dénonce une façon de "définir le camp des progressistes d'un côté et celui des nationalistes de l'autre" qu'il perçoit comme une véritable "croisade" des "bons" contre "les affreux" de la part du Président de la République. 

L'ancien conseiller régional de Bourgogne préfère afficher une posture d'homme "attaché à la diversité des opinions". Diversité des convictions au sein de sa propre liste, avec à sa tête François-Xavier Bellamy. L'agrégé de philosophie, "plus conservateur" que lui, s'est déclaré personnellement contre l'IVG et confirme avoir participé "deux ou trois fois" aux manifestations d'associations pro-vie. Mais sur cette question, "il n'y a pas de débat européen, rétorque Arnaud Danjean, l'IVG est dans la loi française, je n'ai pas entendu de remise en cause de la loi".

Victor Orbán : "Je ne me sens pas autorisé à lui dire quelle politique migratoire il doit adopter"

Diversité des positions, aussi, au niveau européen. Rompu à l'exercice du Parlement européen, il y siège au sein du groupe Parti populaire européen (PPE) depuis dix ans, le même que le Président de la Hongrie. Avec Victor Orbán, il faut être "exigeant" sur les questions d'État de droit, mais sans lui "faire de procès systématique". "Je ne me sens pas autorisé à lui dire quelle politique migratoire il doit adopter", résume l'eurodéputé qui prétend ainsi se positionner contre une "politique de stigmatisation" et de "division des européens", menée selon lui par Emmanuel Macron.

On est allés au bout des concessions aux Britanniques.

Partisan d'une renégociation des relations "post-2020" avec le Royaume-Uni, Arnaud Danjean estime qu'il n'y a cependant _"pas de renégociation possible"sur les modalités de sortie. S'il faut "essayer de tout faire pour que le Brexit se passe le moins mal possible (...) la balle est dans le camp des britanniques (...) on est allés au bout des concessions aux Britanniques"_, estime-t-il.

L'ancien président de la sous-commission sécurité et défense considère que la création d'une armée européenne n'est _"pas réaliste à court terme et moyen terme"_. En janvier, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait en effet déclaré que le nouveau traité de coopération franco-allemand, signé à Aix-la-Chapelle, se veut "une contribution à la création d’une armée européenne". "Qui a le pouvoir de déployer cette armée ?", interroge Arnaud Danjean, circonspect.

Contre le rapatriement des djihadistes français

Spécialiste des questions de défense et de sécurité, il n'est par ailleurs "pas favorable" au rapatriement des djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie. Il préfère espérer des dispositions de la part de l'Irak qui "se dit prête à accueillir et à juger des personnes qui ont commis des faits", ou encore envisager la "déchéance de nationalité", à l'image des Britanniques, face aux retours de djihadistes que fait craindre la perspective d'un retrait des troupes américaines.

Le mariage d'Alstom et Siemens, "une erreur"

Pour Arnaud Danjean, la Commission européenne fait "une erreur" en empêchant le mariage d'Alstom et Siemens, car "elle raisonne avec un logiciel des années 1980". Elle s'appuie selon lui sur des textes du droit de la concurrence élaborés "pour protéger le marché d'une concurrence faussée entre européens", alors que "nous avons besoin d'industries puissantes et performantes à l'export sur le marchés mondiaux".

Sans être opposé à un référendum, il est contre son organisation le même jour que l'élection européenne qui "écraserait le débat européen par des considérations nationales". Arnaud Danjean y voit "une stratégie politique qui concourt à cliver "pour et contre", "moi ou les extrêmes"".

  • Légende du visuel principal: Arnaud Danjean © AFP / SEBASTIEN BOZON
Les invités
  • Arnaud DanjeanDéputé européen, membre du Groupe du Parti Populaire Européen (Démocrates-Chrétiens)
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