"Tous les trois ans, il y a une épidémie majeure", explique Arnaud Fontanet, médecin épidémiologiste, directeur du département de santé globale à l'institut Pasteur, invité d'Inter avec Na Na, médecin urgentiste, responsable de la consultation d'interface médicale sino-française de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

"Le Sras, ebola, zika : avec la densité et la mobilité des populations, on va être amenés a avoir de plus en plus de situations identiques", a expliqué Arnaud Fontanet, médecin épidémiologiste, directeur du département de santé globale à l'institut Pasteur, invité de France Inter. 

"Sur le plan scientifique, la réponse à ce nouveau virus a été très rapide. Les chercheurs ont été extrêmement rapide et ont séquencé, en moins d’un mois, le génome d’un nouveau virus permettant aux laboratoires du monde de faire des tests spécifiques pour diagnostiquer et prévenir les épidémies. Mais sur le plan politique, jusqu'au 10 ou 15 janvier, on a voulu nous faire croire qu'il n'y avait que 40 patients à Wuhan, sans transmission interhumaine ni risque d'épidémie. Il y a eu un retard pris et qu'on paie très cher aujourd'hui", analyse-t-il. 

Sa collègue Na Na, médecin urgentiste, responsable de la consultation d'interface médicale sino-française de la Pitié-Salpêtrière à Paris, raconte le quotidien des médecins dans certains hôpitaux de Wuhan (Chine), épicentre de l'épidémie. 

Elle relate le manque de matériel et les économies que tentent de faire les autorités. Pour éviter de gâcher des masques ou des habits, "ils gardent leurs combinaison pendant six heures, ils ne mangent pas, ne boient pas et portent des couches pour ne pas aller aux toilettes".  

  • Légende du visuel principal: médecins © AFP / STR
Les invités
  • Arnaud FontanetDirecteur de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur de Paris
  • Na NaMédecin urgentiste et médecin responsable de la consultation d'interface sino-française de la Pitié-Salpêtrière
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