François Ruffin, député LFI de la Somme, publie "Il est où le bonheur?", (Ed. Les liens qui libèrent). Il est l'invité du Grand Entretien de France Inter avec Léa Salamé et Nicolas Demorand.

"Depuis les années 70, il n’y a plus de connexion entre le progrès et le bonheur", estime le député picard : "Le bonheur n’est plus dans les biens mais dans les liens".

"Les 10% les plus riches émettent 8 fois plus de gaz à effet de serre que les 10% des plus pauvres (...) Avec les taxes, ce sont les plus pauvres qui sont pénalisés". Le progrès, pour François Ruffin, "passe par une meilleure répartition". 

Face à la crise climatique, "les plus riches ont déjà leur canot de sauvetage" affirme François Ruffin : "Les élites s’effondrent avec 3 générations de retard. Elles peuvent continuer à foncer dans le mur. Si on leur laisse les manettes, on est morts".

"Il y a une chape de plomb de la résignation qui s’est mise sur les coeurs. Il y a un désir d’autre chose"

Affirmant être pacifiste, François Ruffin n'en est pas moins partisan d'une action concrète, d'ampleur : 

Pour lui, pas d'écologie punitive mais "des lois qui contraignent, qui encadrent, qui régulent l’économie (...) On ne peut pas faire des petits gestes, l’eau et tout ça, et assumer le CETA. Faut en finir avec les traités de libre-échange".

"Je ne suis pas contre l’élite mais contre celle qui se vend aux multinationales (...) il faut qu’il y ait des gens qui portent en avant"

"Le bonheur, c'est pas de consommer plus, or c’est l’horizon qui nous est proposé (...) Chaque jour, vous croisez 5000 marques, voilà l’imaginaire qu’ils nous mettent dans la tête".

Envisage-t-il une candidature à l’Elysée? "Mon objectif aujourd’hui,, c’est de créer un nouvel imaginaire, de nouvelles idées. Personnellement, je ne crois pas que mon bonheur soit à l’Élysée. Le pouvoir isole et isole beaucoup".

Pour cette échéance de 2022, "je souhaite un candidat unique, une pétition qui disent 'arretez vos conneries': sans une poussée de la base, il n’y aura pas d’unité", estime-t-il. 

Et avant la manifestation contre l'islamophobie prévue ce dimanche, dont François Ruffin est l'un des signataires, il s'explique  : "J’irai pas dimanche,parce que je joue au foot (...) Je ne veux pas de guerre de religion, je vais à la piscine avec mes gosses, et là (...) il y a la maman de Nada, qui porte un foulard, je ne veux pas qu'on lui dise d’enlever le voile. On ne fait pas une loi qui vient toucher à la maman de Nada, et aux autres".

  • Légende du visuel principal: François Ruffin © Radio France / Anne Audigier
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