Invités du Grand entretien de la matinale de France Inter pour décrypter l'élection : Sylvie Kauffmann, éditorialiste au Monde, Bertrand Badie, spécialiste des Relations Internationales et Jean-Marie Guéhenno, ancien Secrétaire général adjoint de l’ONU.

"Les États-Unis sont en train de donner au monde une image qui s’aggrave, avec le côté souvent incompréhensible à l’étranger de ce genre de situation, qui entache la légitimité des institutions américaines", analyse Bertrand Badie, spécialiste des Relations Internationales, alors que le résultat de la présidentielle américaine n'est ce vendredi matin toujours pas connu et que Donald Trump conteste certains décomptes.

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"Les États-Unis ont construit une partie de leur hégémonie sur l’idée que le modèle institutionnel est supérieur à tous les autres", constate aussi Bertrand Badie : "Ce qui est en train de se passer affaiblit le modèle institutionnel, sa vertu attractive, et conduit certains régimes autoritaires à se gausser.”

"Le processus électoral américain est souvent très artisanal"

"Ce qui donne cette atmosphère de crise, c’est le comportement de Donald Trump, qui remet en cause le processus électoral lui même, qui crie à la fraude", estime de son côté Sylvie Kauffman, éditorialiste au Monde. Elle souligne aussi un dépouillement est "lent et compliqué", pas forcément surprenant : "Ce n’est pas totalement habituel, le processus électoral américain est complexe. Il est souvent très artisanal, ce qui est très étonnant pour un pays pareil."

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"Une société américaine de plus en plus fragmentée"

"On a une société américaine qui est de plus en plus fragmentée, segmentée", note aussi Jean-Marie Guéhenno, ancien Secrétaire général adjoint de l’ONU : "Un certain nombre de Noirs ont même voté pour Trump. Le parti démocrate considère que les Noirs et les Hispaniques lui sont acquis. Mais les Hispaniques, au fond, beaucoup d’entre-eux ont envie d’avoir une identité autre qu’Hispanique." Des partisans de Donald Trump qui selon lui sont en ce moment "dans un monde parallèle, convaincus que l'élection est en train de leur être volée" : 

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"Et on a un nouveau parti Républicain qui se veut maintenant un parti populaire, qui est en fait un parti populiste", analyse Jean-Marie Guéhenno.

"Le trumpisme est plus important que Trump"

"On s’est totalement trompé, on a été comme obsédés par la personnalité fantasque de Trump. Mais en réalité, le trumpisme est plus important que Trump", décrypte Bertrand Badie : "Le trumpisme est lui même le symptôme d’une crise extrêmement profonde de la société américaine, qu’on n’a pas voulu regarder en face. C’est d’autant plus grave que cette crise peut très bien être la crise de beaucoup d’autres sociétés dans le monde actuel."

"Et plus que les État-Unis eux-mêmes, c’est le monde qui a changé, poursuit-il : "Le monde est tel qu’il est aujourd’hui infiniment moins favorable aux États-Unis et à l’hégémonie américaine qu’il avait pu l’être pendant la Guerre froide et la coexistence pacifique."

  • Légende du visuel principal: Une supportrice de Trump dans le Nevada. © AFP / Ronda Churchill
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