Jean Garrigues, historien, spécialiste de la vie politique française est l'invité du grand entretien de 8h20 présenté par Frédéric Métézeau.

Jean Garrigues
Jean Garrigues © AFP

Que révèle l'affaire Benalla sur notre système politique? La réforme Constitutionnelle peut-elle passer à la trappe? Avec un recul historique, comment analyser la situation politique française actuelle?

Après l'affaire Benalla qui a révélé des "dysfonctionnements" à l'Elysée, la présidence de la République "envisage de nommer un directeur général des services, chargé de coordonner tous les services", a indiqué lundi l'entourage du président, confirmant une information du Parisien.  Le 25 juillet, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait annoncé que toutes les leçons de l'affaire seraient tirées à la rentrée avec des changements profonds, "une fois que les dysfonctionnements auront été clairement établis" par le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler qu'Emmanuel Macron a chargé de cette mission.  Actuellement c'est le directeur de cabinet du président, Patrick Strzoda, qui est à la tête de l'administration de l'Elysée : sécurité, communication, intendance, protocole, RH, finances, etc.   Atteint par la limite d'âge, Patrick Strzoda, qui était en première ligne de l'affaire Benalla, doit faire valoir ses droits à la retraite à compter du 6 octobre 2018.

L'affaire Benalla révèle des dysfonctionnements de la Ve République 

Jean Garrigues : "Ce n’est pas une tempête dans un verre d’eau. Elle nous éclaire sur des dysfonctionnements systèmiques. Donc on envisage de nommer un directeur des RH à l’Elysée. Benalla n’est pas collaborateur de Macron. Il était chargé de sécurité. Et ce qui pose problème c’est qu’un président ait la capacité de lui-même promouvoir une personne et lui donner des pouvoirs qui vont au-delà du droit". 

Jean Garrigues : "Cette affaire Benalla c’est la revanche des contre pouvoirs… Ça a permis au contre-pouvoir parlementaire avec la commission d’enquête de rééquilibrer les rapports entre les pouvoirs. Le sénat a joué ce rôle ; c’est important pour que respire la démocratie". 

Brégançon, le Castel Gadolfo de Macron ? 

Jean Garrigues : "Les vacances au Fort de Brégançon pour le président de la République s’inscrivent dans la présidentialité macronnienne. C’est pour revenir à la solennité de De Gaulle. C’est lui qui l’a adapté à la présidence. C’est très macronien, néo gaulliste. Et puis ça prend le contre-pied de ce qu’a fait Hollande, qui l’a confié à la Réunion des Musées Nationaux. C’est très politique". 

La politique  d'Emmanuel Macron

Macron Le petit fils  Tatcher et Reagan ? demande un auditeur. 

Jean Garrigues :  "Sa Logique n’est pas l’ultra libéralisme, mais d’adapter l’état providence. .. Le plan pauvreté que l'on attend à la rentrée fait partie des nécessités pour la cohérence politique du projet macronien". 

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