Jean-Michel Blanquer, Ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, est l'invité de Nicolas Demorand à 8h20.

Au lendemain de la diffusion d'une vidéo montrant l'arrestation de lycéens, agenouillés contre un mur, à Mantes-la-Jolie, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a reconnu qu'il avait lui-même été choqué par ces images. Oui, l’image est forcément choquante, il y a eu des images choquantes parce qu’on est dans un climat de violence exceptionnelle", justifie-t-il.

Mais selon lui, "il faut faire très attention aussi aux images découpées". S'il assure ne pas prétendre que les images sont fausses, il entend toutefois les remettre dans leur contexte : "Que s’est-il passé ? Il y a des éléments extérieurs au lycée, des personnes de plus de 20 ans souvent, qui ont coincé le lycée, réussi à ameuter quelques lycéens, ont envahi un pavillon, ont volé des bonbonnes de gaz, ont attaqué les forces de l’ordre, lesquelles ont cherché à les neutraliser, et en les neutraliser les ont mis contre un mur, avec les images que l’on voit." 

"Je demande juste que dans ce monde où on voit les choses de manière très partielle, on remette les choses dans leur contexte". 

Le ministre estime-t-il que la force a été utilisée de façon proportionnée ? "Vous pensez que c'est pour rien qu'il y a eu 150 interpellations ? Il y a eu des choses très graves ! Ce n'est pas parce que vous allez dans la rue en criant votre colère que vous avez la légitimité d'incendier une voiture (...) Des gens ont failli mourir ces derniers temps", explique-t-il, affirmant que "ce sont des scènes de guérilla urbaine qui ont eu lieu (...) c'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de mort, vu que certains cherchent à nous faire enter dans cette situation, et parfois mettre les policiers dans des situations défensives très dures". 

“Je suis le premier meurtri quand je vois ça, c’est bien pour ça que je dis aux gens, n’y allez pas, c’est pas le moment, il y a des groupes qui se mêlent à tout ça et qui créent des violences extrêmes, et qui obligent les forces à être dans des situations défensives".

"J’espère que mon appel au calme va être entendu. Nous, Français, nous sommes en train de nous tirer une balle dans le pied, toutes les régressions auxquelles nous assistons, nous allons en pâtir. Soit nous nous en sortons par l’amour de notre pays, par le respect d’autrui, soit nous nous enfermons dans de vieilles querelles qui ont parfois caractérisé notre histoire", explique-t-il. 

Jean-Michel Blanquer en appelle au calme des lycéens : "Aujourd’hui il faut en appeler à la responsabilité, au calme, soit nous tous, nous nous complaisons dans un cercle vicieux de la violence, soit nous revenons au calme. Et le calme, ce n'est pas combattre, c'est débattre. La démocratie, c'est débattre".

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Jean-Michel Blanquer © AFP / Ludovic Marin
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