La ministre des Sports Roxana Maracineanu, la journaliste Anne-Laure Bonnet et l'historien Georges Vigarello seront les invités de Nicolas Demorand pour le Grand Entretien de la matinale.

Ce vendredi soir, le mondial féminin de football s'ouvre en France, au Parc des Princes, avec le match France-Corée du Sud. C'est la première fois que l'événement trouve une telle résonance médiatique. "Le football, c'est le sport où il y a le plus d'inégalités, mais c'est aussi le sport le plus visible", rappelle la ministre des Sports, Roxana Maracineanu. Avec ce mondial, la pratique féminine va-t-elle briser un plafond de verre ? "On n'en est pas encore là, c'est le début pour le sport féminin : beaucoup de femmes sont impliquées" dans les instances dirigeantes, salue-t-elle par ailleurs.

Selon l'historien Georges Vigarello, l'évolution du sport féminin arrive dans une nouvelle période qui finira par voir "le combat gagné par le féminin" : il rappelle qu'en 1925 le journal l'Equipe critiquait vivement les matches de foot féminins, qu'en 1940 le maréchal Pétain avait interdit cette pratique. "Ça renvoie à un passé d'exclusion et de domination à l'égard du féminin. Aujourd'hui on a une pratique visible (...) les pratiques féminines s'imposent mais elles ne sont pas encore acceptées comme les pratiques féminines". 

La journaliste spécialisée Anne-Laure Bonnet estime que l'équipe de France "est une équipe qui se connaît bien : l'entaîneure Corinne Diacre a beaucoup d'expérience, elle a l'habitude de gagner la Ligue des Champions. Il y a des automatismes qui peuvent permettre de viser la victoire". Pour la ministre Roxana Maracineanu, si la France commence à avoir une culture du football féminin, elle est encore loin des Etats-Unis, qui sont considérés comme la meilleure nation pour ce sport : "Aux Etats-Unis, il y a le football américain pour les garçons, le 'soccer' est beaucoup plus pratiqué par les filles, dès l'école". 

N'en demande-t-on pas trop aux joueuses de l'équipe de France, en leur demandant d'être aussi étendards d'une cause ? "Pour que tout ça marche, il ne faut pas qu'elles sachent qu'on attend tout cela d'elles. Qu'elles ne se sentent pas soumises à des attentes du public, à être les ambassadrices d'une cause", explique la ministre. 

Anne-Laure Bonnet ajoute : "Ce qui est important c’est que des jeunes filles voient que des femmes jouent au football. Très souvent je vois des jeunes filles dont les parents refusent qu’elles jouent au foot. Rien que le fait qu’elles jouent, qu’elles soient exposées médiatiquement… elles ont un rôle capital". 

Pourquoi avoir choisi le Parc des Princes et non le Stade de France ? "On a choisi tous les stades en fonction des jauges de la précédente coupe. Parce qu’il ne fallait pas prendre le risque de jouer dans des stades à moitié pleins. Ce qui est le cas : tous les match sont à guichets fermés", répond Roxana Maracineanu. Interpellée par une auditrice sur la difficulté de pratiquer le football lorsqu'on est une femme adulte - car après l'âge de 15 ans les équipes mixtes sont interdites - elle explique que ce phénomène est connu "dans tous les sports collectifs, où les hommes trouvent plus facilement du temps pour jouer ensemble". Mais "la réalité, c'est que le foot reste un sport machiste, il faut le dire", ajoute-t-elle.

  • Légende du visuel principal: Entrainement équipe féminine de football © AFP / FRANCK FIFE
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