Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner est l'invité du Grand Entretien de la Matinale. Il répond aux questions de Léa Salamé, Nicolas Demorand et des auditeurs de France Inter.

Après l'attaque au couteau perpétrée à la Préfecture, le ministre de l'Intérieur est revenu sur ce qu'il a qualifié  de "faille dans le dossier : il n’y avait aucune trace de radicalisation".

"Je pense que la première faille de notre système, c'est qu'il n'y ait pas eu de signalement et surtout que celui-ci ne soit pas automatique"

"La faille c’est qu’il n’y a pas eu de signalement, d’enquête (...) Au sein du service, on avait le sentiment que tout allait bien" poursuit Christophe Castaner qui veut désormais que "toute alerte fasse l’objet d’un signalement systématique".

"Depuis 2016, une loi permet à un fonctionnaire (détecté) d’être radié (...) Là il n’y pas eu d’alerte au bon niveau après cette discussion" explique le ministre faisant référence à des propos tenu par Mickaël Harpon auprès de collègues de son service en juillet 2015, et commentant l'attaque de Charlie Hebdo : "Les signaux d’alerte auraient du être suffisant pour déclencher une enquête".

Sur la question des armes utilisées par l'agresseur, qui n'ont pas été détectées à l'entrée du bâtiment : "Des fonctionnaires rentrent avec leur arme [dans la préfecture de police de Paris] : ce n’est pas l’essentiel. Depuis 2013, 59 attentats ont déjoué, 3 depuis le début de l’année".

"Aujourd’hui le risque terroriste reste élevé voire très élevé" estime le ministre de l'Intérieur : " Je n’hésiterai jamais à encourager la radiation de la fonction publique [en cas de doute ou d’alerte]".

Il n’y pas eu d’alerte au bon niveau au bon moment

Il y a-t-il une défaillance dans l’habilitation secret défense de l'agresseur : selon le ministre de l'Intérieur, "l'examen a été fait en 2013, et devait être refait en 2020, c'est une période d'entre-deux". Et il y a-t-il un problème DRPP (Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris) : "Cette institution a été frappée au coeur, il serait malsain de la montrer du doigt, nous prendrons les mesures nécessaires [avec] un rapport rapide avant la fin du mois d’octobre".

"S’il y a des fautes établies, évidemment qu'il faut des sanctions, mais si les responsabilités ne sont pas établies, cela ne me semble pas une bonne politique"

"Tenir des propos de propagande terroriste ne relève pas de la liberté d’expression. Je ne rêve d’aucune loi, aujourd’hui, nous avons les outils nécessaires. Faisons en sorte qu’il n’y ait pas d’autres dysfonctionnements" explique encore le ministre.

À propos des problématiques de sécurité liées à l'immigration : "Il y a t il un modèle d’intégration réussie en France ? Je pense que non" affirme Christophe Castaner qui estime que "on peut aussi constater qu’il y a des détournement de l’asile (...)Il ne faut pas faire en sorte qu’il y ait d’eldorado fantasmé."

"Le budget politique consacré à ces politiques d'intégration a augmenté de 70% en 3 ans"

Sur la réorganisation de l'Islam de France : "Nous y travaillons au quotidien (...) pour accompagner celles et ceux qui veulent développer des structures départementales".

  • Légende du visuel principal: Christophe Castaner © AFP / Ludovic Marin
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