La secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations est l'invitée du Grand Entretien de la matinale de France Inter avec Frédéric Métézeau.

Marlène Schiappa est d'abord interrogée sur la Coupe du monde féminine de football qui vient de s'achever. Aux yeux de la secrétaire d'État, le succès de la compétition est ambivalent. "D’un côté, vous avez la preuve que des femmes peuvent faire un sport dit masculin. En même temps, vous avez une forme d'insécurité de certains hommes qui s’offusquent que des femmes puissent jouer au foot”, constate-elle. 

Alors que 75 féminicides ont été commis depuis le début de l'année, Marlène Schiappa défend l'action du gouvernement. "Nous n'avons pas rien fait en deux ans!". 

"Les violences conjugales existent depuis l'Antiquité, rappelle-t-elle au micro de Frédéric Métézeau. Il n'y a pas de pays au monde où il n'y a pas de féminicide (...). Je rappelle d'ailleurs que ce terme de 'féminicide' est entré dans le vocabulaire institutionnel avec le président de la République qui l'a prononcé à l'ONU, avec moi-même et le gouvernement. Les mots sont importants"

Sur le meurtre de Julie Douib, tuée le 5 mars par son ex-conjoint en Haute-Corse, Marlène Schiappa évoque des dysfonctionnements. "Je ne peux pas entendre qu'une femme ait porté plainte six fois et que son mari puisse garder son port d'arme. Je ne veux plus que ce phénomène se produise".  À ce sujet, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a lancé le recrutement de 73 psychologues, "pour faire en sorte que, dans les commissariats, les femmes soient mieux accompagnées".

Quant au bracelet électronique permettant de tenir à distance les conjoints violents, la loi devrait être modifiée "vraisemblablement à l'automne" par la garde des Sceaux, "pour qu'on puisse dès que possible les généraliser".

Le Grenelle contre les violences conjugales annoncé pour le 3 septembre, devra permettre de construire "ensemble" des politiques publiques efficaces et nouvelles. "Sil faut mettre du budget, évidemment on en mettra", a promis la secrétaire d'État. Le principe de ce Grenelle? Générer un processus de discussion et de travail commun pour toute la société, afin de passer "du droit formel au droit réel". "Le gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir mais il ne pourra pas tout, tout seul".

  • Légende du visuel principal: Marlène Schiappa © Radio France / Anne Audigier
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