Alors que le 71e festival de Cannes s'ouvre ce mardi,Thierry Fremaux, délégué général du festival, Alexandra Henochsberg, distributrice chez "Ad Vitam" distribution, et David Kessler, directeur d'Orange content et directeur général d'Orange studio les invités du Grand Entretien.

Affiche du 71e Festival de Cannes, sur le fronton du Palais Louis Lumière
Affiche du 71e Festival de Cannes, sur le fronton du Palais Louis Lumière © AFP / Roland Macri / BELGA MAG / BELGA

Alors que le modèle Netflix s'impose comme un concurrent sérieux de l'industrie traditionnelle du cinéma, Thierry Frémaux, délégué général du festival de Cannes, reconnait : " Il y a un nouveau monde, on a voulu les inviter (...) Lors de Série Mania à Lille, ils ont reconnu qu'ils avaient peut-être finalement manqué de diplomatie avec nous."

La civilisation numérique nous oblige à modifier nos comportement

"Le modèle de Netflix est brillant"  

"Le cinéma, c'est la victoire de Louis lumière sur Edison", poursuit Thierry Frémaux, "les gens désirent voir des films dans la salle". Alexandra Henochsberg, distributrice chez "Ad Vitam", renchérit : "Le cinéma en France c'est 200 millions de spectateurs".    

La France est reconnue par ce travail d'éducation à l'image. Á un moment il y avait la règle du jeu de Renoir au bac (Thierry Frémaux)

"La cinéma n'a pas filmé la mort pour de vrai, Youtube oui", estime Frémaux, "dans la salle, on connait la provenance des images, on en connait la signature". David Kessler, directeur d'Orange content et directeur général d'Orange studioplus, estime qu'il y a plus dangereux :  "Les plateformes ne participent pas au financement du cinéma."  

Selon Thierry Frémaux, "les plateformes sont super-riches, le modèle économique est assez génial, au 1er janvier, le budget est bouclé, donc ils font ce qu'ils veulent. Scorsese a trouvé le financement de son nouveau film chez eux, ils ne produisent pas de la daube!"   

Alexandra Henochsberg tempèrent néanmoins : "Ils ne produisent pas des films de qualité tout le temps, leur production n'est pas équivalente au cinéma, ce n'est pas une règle générale". Et Netflix ne l'effraie pas vraiment : "Mon métier est centré sur la salle de cinéma, avec des films d'auteur, je me sens extrêmement responsable, dans le métier que je fais, on fait émerger des cinéastes et ce métier reste propre au distributeur. Scorsese a quand même fait toute sa carrière au cinéma."

Cette année en sélection :  21 films, 3 réalisatrices 

"Cette statistique n'est pas insupportable qu'à Cannes, elle l'est en général", estime Frémaux, "les femmes ne veulent pas être sélectionnée parce qu'elles sont des femmes, mais parce qu'elles sont des réalisatrices."

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Alexandra Henochsberg ajoute : "Aujourd'hui bien sûr, on parle de nous, les femmes, mais je pense beaucoup aux cinéastes de demain, celles qui arrivent dans les années à venir, la tendance va forcément s'inverser."   

"Je suis favorable aux quotas de femmes", poursuit Thierry Frémaux, "dans la sélection cannoise mais aussi ailleurs" : 

L'année ou il n'y avait aucune femme en sélection on a été surpris d'être attaqué, pour nous ce n'était pas un sujet (...) Marguerite Yourcenar disait : 'On ne créé par avec son sexe'   

Alexandra Henochsberg : "Je suis pour le mérite, en même temps, c'est important qu'il y ait une volonté, une prise de conscience (...)Les femmes ne vieillissent pas au cinéma, elles disparaissent". Mais Thierry Frémaux estime que "Il y a beaucoup de femmes professionnelles du cinéma, le cinéma français est plein de femmes dans la distribution, production, des vendeuses, on a interrogé nos propres pratiques dans la sélection, on fait attention."  

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