Pascal Pavageau, secrétaire général du syndicat Force ouvrière, est l'invité du grand entretien à 8h20.

A la veille d'une mobilisation interprofessionnelle nationale, Pascal Pavageau est l'invité du grand entretien à 8h20. Une occasion de revenir sur les dossiers sociaux de la rentrée avec le numéro un de FO et de faire un bilan d'étape de la politique gouvernementale avant le remaniement.

Ce remaniement peut-il changer la donne sur la politique sociale du gouvernement ? Le leader de FO n'y croit pas : "Tout part du chef de l'Etat, je pense qu'il va au contraire accentuer les contre-réformes (...) et donc la casse du modèle social. Maintenant, bien sûr, si nous avions un vœu à formuler, c'est qu'il y ait un véritable changement de cap". 

Exemple avancé par Pascal Pavageau : le plan anti-pauvreté : "Demain, on a une sorte d'aide minimale universelle donnée par l'Etat, financée par l'impôt, mais sous conditions : il faudra passer un contrat avec la nation pour faire la démonstration qu’on veut bien traverser la rue pour prendre n’importe quel boulot ou n’importe quelle activité à défaut d’un emploi, pour être aidé". S'il reconnait que certaines petites mesures ont un effet bénéfique, il plaide pour une politique plus générale : "Nous avons une philosophie de la part du CE, qui est que le monde est un marché, que je suis chef d’entreprise, je dirige une start up nation, et je dirige 67 millions d’auto-entrepreneurs d’eux mêmes", dit-il, affirmant que l'Elysée négocie avec les syndicats comme avec des sous-traitants. 

Selon Pascal Pavageau, "le chef de l'Etat refuse de travailler avec les contrepoids, quels qu'ils soient". "Ce qui est clair, c'est que le Premier ministre et le gouvernement ont réessayé internationaliser du dialogue avec les partenaires sociaux (...), le problème que nous avons, c'est que le gouvernement est clairement aux ordres d'une philosophie, celle de l'Elysée". 

Point d'achoppement entre le gouvernement et les syndicats : la réforme des retraites. Avec la mise en place d'un système par points et du remplacement de l'âge légal par un "âge pivot", les organisations syndicales craignent "une individualisation, un changement de philosophie avec une logique où il faut rechercher des points tout au long de sa vie" : 

"Aujourd’hui, chaque trimestre où je travaille, je gagne des droits à la retraite ; demain, chaque minute où je ne travaille pas, je perds des points. La retraite par points, au final, c’est du travail sans fin".

Le secrétaire général de Force Ouvrière demande que le gouvernement sorte le texte du projet de loi "avec la réforme concrète", pour rassurer les syndicats. "Qu'est-ce que l'universalisation des 42 régimes ?" demande-t-il notamment, expliquant que les organisations syndicales seront d'accord pour un alignement par le haut. 

Sur la réforme de l'assurance chômage, Pascal Pavageau assure que "le système créé en 58 est encore bénéficiaire aujourd'hui, sur le strict champ de sa création à l'origine. Il est déficitaire parce qu'on a demandé à l'Unedic de financer des politiques qu'elle n'a pas à financer". Le leader syndical prévient donc : "Nous ne nous ferons pas hara-kiri pour s'auto-flinguer tous ensemble". La ligne rouge, notamment, c'est le refus de la dégressivité des allocations : 

Nous ne sommes pas d’accord sur la dégressivité : les allocations chômage, c’est un droit. A partir du moment où c’est un droit, on ne touche pas au droit. 

A la veille d'une journée de mobilisation prévue ce 9 octobre, Pascal Pavageau assure qu'on "peut déjà faire la communication du gouvernement : il qualifiera la mobilisation d'échec, nous, nous en prendrons date". S'il reconnait que "même l'arme ultime, la grève, n'est plus suffisante", il s'inquiète de l'étape d'après : "Qu'est-ce qu'il y a derrière ? Je ne comprends pas qu'on puisse accepter que quatre personnes doivent faire quinze jours de grève de la faim pour avoir des postes". 

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Pascal Pavageau © AFP / ERIC PIERMONT / AFP
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