Loic Blondiaux, professeur de science politique à la Sorbonne et membre du comité de gouvernance de la Convention citoyenne pour le climat, est l'invité du Grand Entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

Sur le disposition de la Convention citoyenne pour le climat, Loïc Blondiaux, professeur de science politique à la Sorbonne et membre du comité de gouvernance de cette convention estime que "les démocraties ne voient jamais très loin sur cette question du climat."

"La dictature éclairée, en matière de changement climatique, n’existe pas"

Sur les sceptiques de cette convention, "elle vient du haut mais son organisation est indépendante, c’est l’anti grand débat".

"Là, les citoyens vont être en mesure de délibérer, ça n’est pas le grand débat. Un processus d’intelligence citoyenne va aboutir au projet de loi. Le procédé est robuste, nous avons fait en sorte qu’il soit irréprochable."

"Je m’engage jusqu’au moment de la réponse. Si le gouvernement ne tient pas ses promesses, c’est la démocratie qui aura perdu"

Face aux critiques des ONG, dont Greenpeace : "On ne part pas de rien, les citoyens vont devoir choisir entre des solutions présentées(...) L’enjeu, c’est d’emmener toute la France derrière nous".

À propos du tirage au sort, et de la diversité de cet échantillon de participants : "Il y a autant de non-diplômés que dans la population française, on a voulu une miniature de la société française, toutes les catégories socio professionnelles sont représentées dans les mêmes proportions".

"À Athènes, le tirage au sort, c’était le seul mode de représentation démocratique des gouvernements. Il produit un grand nombre de point de vues"

"Il ne s’agit pas de jeter le bébé avec l’eau du bain, la démocratie représentative reste le socle de la démocratie. il serait important que ce projet de loi soit soumis au référendum" estime le politologue.

"Quelque chose s’est joué depuis quelques mois dans notre société, il y a un vaste changement d’opinion (...) Les formes classiques de la mobilisation ont, au final, relativement peu produit (...) Il faut inventer de nouvelles formes de démocratie, c’est impératif".

"Un dispositif comme la convention citoyenne pourrait être utilisé sur les retraites. Le Grand débat, c’est d’abord de la communication"

"Les citoyens se sont aperçu de l’emprise disproportionnée des intérêts économiques sur le pouvoir politique", estime Loïc Blondiaux : "On vit un tournant civilisationnel, la dévaluation de la parole politique. Il va falloir inventer d’autres formes de représentations pour maintenir cette confiance qui n’existe plus. Il faut que les autres citoyens prennent conscience de ce qui se joue, qui est historique."

À 150, on est plus intelligent que tout seul, il faut croire en l’intelligence collective

  • Légende du visuel principal: Loic Blondiaux © Radio France / Radio France
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