La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, est l'invitée du Grand entretien de France Inter. Elle détaille les mesures écologiques liées au plan de relance, et annonce l'interdiction de plus de la moitié des utilisations actuelles du glyphosate au 1er janvier.

C'est l'un des points de tension visibles entre la nouvelle ministre et ses prédécesseurs : la question du glyphosate, et plus largement des néonicotinoïdes. "Sur le glyphosate, on a une mission en cours, on va avoir des interdictions sur plus de la moitié des utilisations dès le début de l’année prochaine. Ce n’est pas suffisant, on va continuer à travailler."

Barbara Pompili se défend d'être en porte-à-faux sur ces questions au sein du gouvernement. "Je me suis battue pour qu’on interdise les néonicotinoïdes, parfois seule. En quatre ans, on avait le temps pour trouver des alternatives : le problème, c’est que derrière, ça n’a pas suivi. La filière a traîné les pieds, la recherche n’a pas avancé, et l’État et les parlementaires n’ont pas assez joué leur rôle. Je suis très fière qu’à l’heure actuelle, on ait déjà plus de 91 % des néonicotinoïdes qui soient interdits en France. Ol y en a 9 sur 10, il faut la dernière petite marche. Et je peux vous dire que le pilotage qui a manqué pendant 4 ans, là on va l’avoir avec Julien Denormandie, et les alternatives on va les trouver."

Elle n'a pas non plus été court-circuité de la décision sur la chasse à la glu, comme le disait notamment Nicolas Hulot. "Quand on est dans un gouvernement, on ne prend pas ses décisions tout seul dans son coin", explique la ministre. "Le sujet de la chasse est un sujet que le président de la République chérit, donc il a tenu à faire cette annonce, mais elle a été faite en total lien avec nous. Je ne serai jamais la ministre qui parle des “méchants chasseurs” et des “gentils écolos”. On a besoin de tout le monde, la cause de la transition écologique, de la biodiversité, est tellement importante qu’on doit mettre tout le monde autour de la table pour y arriver."

Sur le nucléaire, elle assure ne pas avoir changé d'opinion. "Le nucléaire, on l’a encore pour un bout de temps (en 2035 il y en aura encore 50 %), après il y aura un choix : est-ce qu’on arrête ou est-ce qu’on continue ?"

Sur les mesures écologiques qui accompagnent le plan de relance du gouvernement Castex, la ministre détaille : "On continuera toujours à produire des émissions de gaz à effet de serre : l’idée c’est de les baisser. Les objectifs de l’accord de Paris, c’est pour éviter que la température monte trop haut. Dans le plan de relance, on baisse les émissions sur les quatre grands secteurs les plus émetteurs : le logement, le transport, l’industrie, et l’agriculture."

"Quand certaines ONG disent que 30 % pour la transition écologique, ça veut dire 70 % contre la transition écologique, ça me met hors de moi : on ne peut pas dire ça alors que tout le plan de relance est un fil vert écolo."

"Le principe du plan de relance, c’est de lancer la machine, de booster des investissements, de commencer et de laisser aussi le privé prendre le relais", insiste-t-elle. "À un moment il faut que l’économie prenne le relais, nous on lance la machine."

Barbara Pompili estime aussi que la prime diesel a fait son temps. "On a déjà beaucoup baissé, l’essentiel des primes est sur de l’électrique ou de l’hybride. Dans la mesure où l’on commence à avoir de plus en plus de véhicules d’occasion qui sont électriques, je pense que l’année prochaine on devrait avoir arrêté de subventionner du diesel. On y travaille."

Elle annonce également des mesures contre la pollution liée aux transports : "Sur la pollution sonore des scooters et des motos, on est en train de travailler à des radars sonores. Sur la pollution de l’air, on va mettre en place des ZFE, des zones de faible émission, dans les lieux les plus cruciaux."

  • Légende du visuel principal: La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili © AFP / Anne-Christine POUJOULAT
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