Marginal, énergique et prolifique, le cinéaste Jean-Pierre Mocky est mort jeudi 8 août, à 86 ans. Pour lui rendre hommage, Laetitia Gayet reçoit son fils, le metteur en scène Stanislas Nordey, l'acteur Jean-François Stévenin, le compositeur Vladimir Cosma et l'historien et critique de cinéma Jean-Michel Frodon.

Mort ce jeudi à 86 ans, Jean-Pierre Mocky a réalisé 66 films, sur six décennies. Son fils, Stanislas Nordey, lui-même acteur et metteur en scène, évoque un cinéaste "jamais à la mode, toujours à côté, à la marge". "La force de son art, c'était la rencontre. Il aimait passionnément les acteurs, qu'il poussait toujours à être au plus plus beau, au plus étrange d'eux-mêmes"

L'acteur Jean-François Stévenin, qui a tourné cinq fois avec Jean-Pierre Mocky (notamment dans "Y a-t-il un Français dans la salle ?") se souvient d'un metteur en scène "incandescent, fulgurant, inclassable". "Il se foutait pratiquement du film, mais était passionné d'acteurs". À tel point que, même quand il n'est pas convoqué sur le film, Jean-François Stévenin y va tout de même, pour le plaisir de voire le cinéaste en pleine action, spectacle à lui tout seul. 

"Il parle pendant les prises, il engueule son chef opérateur. C’était un poème. 

Vladimir Cosma, compositeur des musiques d'une trentaine de films de Jean-Pierre Mocky, évoque le lien qui unissait les deux hommes. "C'était une liberté de l'utilisation de la musique par rapport à l'image". Le cinéaste refusait d'ailleurs la plupart du temps de lui montrer les œuvres sur lesquelles Vladimir Cosma allait travailler. "J'ai fait la plupart des musiques sans voir les films, ce qui est assez extraordinaire !"

Le compositeur décrit également un homme "toujours surprenant par sa franchise, sa drôlerie, les choses paradoxales qu'il sortait". Sa seule frustration, explique-t-il : "Jean-Pierre Mocky était plus dans l'action que dans l'approfondissement de l'action"

Pour Jean-Michel Frodon, historien et critique de cinéma, même s'il n'appartenait pas au groupe en tant que tel, Jean-Pierre Mocky faisait bien partie de la Nouvelle Vague, "si on appelle Nouvelle Vague la liberté, l’énergie qui envahit le cinéma français à l’époque". 

"Ces dernières années, il avait de plus en plus de mal à monter ses films", raconte le fils de Jean-Pierre Mocky. "Mais il n"était jamais dans la récrimination. Il continuait à inventer des films avec peu de moyens, j’espère qu’on les revisitera".

Stanislas Nordey compare son père à un "peintre", avec des grandes toiles, et de petites choses. "Mais il y a quelque chose qui se répond constamment, du premier au dernier film. Il a continué sans cesse à remettre le travail sur l’établi".

  • Légende du visuel principal: Jean-Pierre Mocky, en 2016. © AFP / Joël Saget
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