Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, et Nicolas Baverez, essayiste, économiste et avocat, sont les invités du Grand entretien de France Inter pour présenter le rapport de l’Institut Montaigne sur la défense et la sécurité.

"Ce rapport est parti de l’idée qu’on ne doit pas faire l’armée pour l’armée, on doit la faire pour la nation", explique Nicolas Baverez. "Il est donc légitime que les citoyens s’intéressent aux questions de défense et que la société civile prenne position. Ce qui s’est passé, c’est une évolution très rapide et dangereuse du contexte international : le djihadisme, de nouveaux États puissances, de nouveaux espaces de confrontation (espace, internet). Le continent européen est cerné par les crises. Tout ce qu’on avait mis en place pour les gérer s’est désintégré : les alliances, les traités, tout le système européen de défense… Face à cette nouvelle donne, la France et l’Europe sont très exposées."

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"Quand on regarde ce qui s’est passé avec la Covid, on pensait que la santé était un atout français, qu’on avait une industrie et un système fort. Il faut se demander s’ils ne sont pas aujourd’hui en risque."

Bernard Cazeneuve y voit "une crise nouvelle qui vient s’ajouter à des crises que nous avons déjà subies". "Je pense à la crise économique et financière dans les années 2010, à la crise terroriste qui est arrivée très brutalement avec les attentats qui ont constitué un choc considérable pour la société européenne et française. Et nous sommes dans un contexte géopolitique qui a considérablement changé. L’ordre international est mis à rude épreuve avec l’effacement du multilatéralisme. Nous constatons qu’il y a des puissances hybrides, comme la Turquie ou la Russie, la Chine qui entend elle aussi faire prévaloir ses propres intérêts."

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"Pour la France et pour l’Europe, il y a des décisions à prendre. Quelle armée et quels choix budgétaires ? Que faisons-nous pour que l’Europe soit le lieu de construction d’une autonomie stratégique et d’une protection du continent ?"

Nicolas Baverez estime qu'on n'est toujours pas à l'abri de grands conflits internationaux, "à l'ancienne". "Des guerres à l’ancienne, on en a aujourd’hui partout dans le monde, y compris aux portes de l’Europe. Après la chute de l’URSS, on a eu l’impression que les grandes guerres appartenaient au passé : aujourd’hui, on peut avoir des scénarios de conflit entre grandes puissances."

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"Quand on regarde la séquence de la fin des années 80 à aujourd’hui, l’idée que le libéralisme et la démocratie avaient triomphé de tout et que nous étions dans un mouvement d’apaisement généralisé qui justifiait qu’on baisse la garde, cette période est terminée", assure Bernard Cazeneuve. "Les Européens et les Français, l’opinion publique, n’ont pas compris que nous étions face à cette situation de crise dans de multiples régions. Nous avons baissé la garde et diminué les efforts de dépenses, une politique qui met en cause notre capacité de projection de force. Nous pensons, face à ce constat lucide, qui est destiné à regarder le monde tel qu’il est, que notre appareil de défense doit être à la hauteur."

"La gestion de crise, ça ne s’invente pas", estime Nicolas Baverez, qui plaide pour une Europe plus forte et efficace. "Quand en juin dernier, on dit à la Commission d’acheter des vaccins, on s’aperçoit qu’elle le fait avec sa manière à elle, qui n’était pas sur le mode de la gestion de crise. L’Europe doit intégrer cette gestion des crises, c’est sa raison d’être. Face aux grands risques planétaires, il y a une vraie plus-value à pouvoir réagir à 27."

► À LIRE - "Repenser la défense face aux crises du 21e siècle" : rapport complet sur le site de l'Institut Montaigne.

  • Légende du visuel principal: Bernard Cazeneuve en juillet 2018 à Paris © AFP / Ludovic MARIN
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