Président du groupe LR à l’Assemblée nationale, le député, Damien Abad, est l'invité du "Grand Entretien".

Le président du groupe LR à l'Assemblée revient sur l'onde de choc que subissent les États-Unis après la mort de George Floyd, et qui parvient jusqu'à la France : "Il n'y a pas de violences policières systématiques, organisées" estime Damien Abad, qui reconnaît aussi qu'il "peut y avoir des comportement individuels, violents ou racistes et qui doivent être condamnés", mais "pas de violences policières au sens systémique du terme", tout en se réjouissant qu'en France, "il n'y a pas les même méthodes que dans la police américaine".

"Ce qui m'inquiète, c'est la fracturation française, deux France qui risquent de se retrouver face à face"

Sur les propos de Christian Jacob, qui estime qu'il n'y a "pas de violences policières" : "Il ne faut pas oublier que 20 policiers et gendarmes par jour sont victimes de violences".

Alors que plusieurs voix s'élèvent pour demander l'interdiction de méthodes d'interpellation avec la technique de "prise de cou /étranglement ", et sur le soupçon avéré de racisme, le député réagit : "Attention à ce que la suspicion ne devienne pas une présomption de culpabilité (...) On peut ouvrir une brèche, dans l'avenir, très dangereuse".

Déconfiner : une "urgence économique"

À propos de la situation économique au ralenti dans le pays, Damien Abad s'indigne : "Il faut accélérer le déconfinement, il y a une urgence économique et sociale vitale", estime-t-il, en citant aussi un "autre scandale" selon lui : la situation dans les écoles ou dans les Ehpad, où les proches ne peuvent se rencontrer que "derrière des glaces en plexi".

"Il faut déconfiner massivement notre pays : j'ai demandé à ce qu'on déconfine les écoles dès le mois de juin. Entre [le retour de] tous les élèves et seulement 20%, il y a une marge possible", estime le député : "Aujourd'hui, il y a toute une série de blocages (...) il faut le retour d'un maximum d'élèves, peut-être la moitié".

Un plan massif pour l'aéronautique

Sur le plan aéronautique de 10 milliards d'euros avancé par le gouvernement : "C'est quand même 295 000 emplois, il ne faut pas seulement un plan d'urgence (...) Ne mettons pas trop de contraintes dans ces investissements sous peine de se tirer une balle dans le pied".

Quand demain on veut construire un avion vert, ce n'est pas une contrainte, c'est une opportunité.

Quand on ferme des lignes intérieures, il estime que "c'est là ou on considère l'écologie comme punitive". Quand à la méthode de baisse des salaires contre conservation d'emploi (proposée notamment au sein d'entreprises comme RyanAir, ou Derichebourg) : 

Ce n'est pas un bon deal, on a déjà vu des pertes d'emploi derrière.

"Judiciarisation à outrance"

"Je suis favorable à ce que l'IGPN puisse être totalement indépendante" rappelle Damien Abad, qui affirme que "chaque année il y a 10 000 agressions des forces de l'ordre" et pointe du doigt le manque de moyens auxquels la profession est soumise : "Les dépenses armée/police/justice, c'est moins de 3% du PIB en France".

Je dis oui à la responsabilité politique, non à la responsabilité judiciaire systématique.

  • Légende du visuel principal: Damien Abad © AFP / David NIVIERE / POOL / AFP
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