Le ministre de l’Économie et des Finances est l'invité du Grand entretien de la matinale. Il répond aux questions de Nicolas Demorand, Léa Salamé et des auditeurs de France Inter.

Pour Bruno Le Maire, la crise du coronavirus est presque plus une crise économique qu’une crise sanitaire. "Il y aura dans l’histoire de l’économie mondiale un avant et un après coronavirus", assure-t-il, et cela nécessitera de repenser notre système économique mondiale. "Je pense qu’il faut que nous tirions sur le long terme toutes les conséquences de cette épidémie sur l’organisation de la mondialisation. Il faut réduire notre dépendance vis à vis de certaines grandes puissances comme la Chine. On ne peut pas avoir aujourd’hui 80 % des principes actifs d’un médicament produits à l’étranger."

Le ministre s’inquiète surtout des conséquences à plus long terme de l’épidémie. "L’impact sera sévère sur la croissance française en 2020, plusieurs dixièmes de point de PIB",  explique Bruno Le Maire, évoquant les chiffres du premier trimestre qui montrent, "à partir du moment où l’épidémie se déclenche, qu’il y a un fort ralentissement. La crise est mondiale, elle aura aussi un impact sur la croissance mondiale."

La France et l’Europe doivent donc déjà se focaliser sur l’après-coronavirus : "Nous devons décréter la mobilisation générale, travailler sur un plan de relance pour que, dès que la crise épidémiologique sera derrière nous, nous puissions relancer l’économie. Je proposerai une série de mesures fiscales, budgétaires, pour un plan de relance européen massif."

Appel à la solidarité nationale et  à l’activité partielle

Bruno Le Maire rappelle qu’il reçoit ce lundi matin toutes les filières économiques concernées par l’impact du coronavirus. "C’est ma priorité absolue, quotidienne, permanente", assure-t-il. Il invite d’ailleurs les entreprises à profiter de dispositifs existants : "L’activité partielle, on l’a simplifiée, on l’a accélérée, saisissez-vous de cette opportunité-là. J’encourage les entreprises à se déclarer en activité partielle. Je pense que c’est aujourd’hui la solution la plus efficace."

Le ministre va même plus loin : pour lui, les grandes entreprises doivent "faire preuve de solidarité", en particulier avec les entreprises plus petites de l’événementiel, souvent obligées d’annuler des rassemblements parfois prévus de longue date. "Je sais à quel point c’est un des secteurs les plus touchés. J’appelle toutes les grandes entreprises à régler les prestations, même s’il n’y a pas de prestation."

Privatisation d’ADP : "aucune décision avant la fin de la procédure de référendum"

Pour Bruno Le Maire, cette question n’est pas à l’ordre du jour : "Pas un Français ne comprendrait que le ministre de l’Économie se concentre sur autre chose que la crise du coronavirus." Mais puisqu’on lui pose tout de même, il répond : "J’ai toujours indiqué que je respectais la procédure de recueil des votes pour un référendum. Je ne prendrai aucune décision avant que cette procédure arrive à son terme jeudi."

"Une enquête en cours" sur des violences policières en marge d’une manifestation féministe

Là encore, le ministre botte en touche : "Il y a eu beaucoup de manifestations qui se sont très bien déroulées dimanche, et l’immense majorité des manifestations de ce weekend se sont déroulées sans difficulté. Le ministre de l’Intérieur a demandé une enquête, attendons d’avoir les résultats de cette enquête. J’évite de me prononcer sur telle image ou sur telle autre, je pense qu’on peut leur faire dire beaucoup de choses." Avant de rappeler ce qui est presque devenu le leitmotiv de l’exécutif sur le sujet : "Les forces de l’ordre maintiennent l’ordre, le premier des droits des citoyens, dans des conditions difficiles et avec professionnalisme."

  • Légende du visuel principal: Bruno Le Maire © AFP / Marie Magnin
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