Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre et auteur de "À l’épreuve de la violence, Beauvau, avril 2014, Décembre 2015" (Ed. Stock), est l'invité du Grand Entretien de France Inter.

Bernard Cazeneuve, qui fut ministre de l'Intérieur de 2014 à 2016, avant de devenir Premier ministre, raconte dans un livre son expérience à Beauvau des pires attentats que la France ait subis. L'ancien ministre retrace dans "A l'épreuve de la violence" (éd. Stock) les tueries de 2015 (Charlie Hebdo et l'Hypercacher en janvier, le Stade de France, les cafés parisiens et le Bataclan le 13 novembre), le parcours fou des Coulibaly, Kouachi et autre Abdeslam.

Après avoir assisté à la cérémonie pour les victimes de l'attaque de la Préfecture de police de Paris, Bernard Cazeneuve a confié ressentir "un sentiment d’immense tristesse, un discours à la hauteur de la situation".

"Tous les gouvernements ont tout mis en oeuvre pour être efficace dans la lutte contre le terrorisme" explique l'ex-Premier ministre, "augmenté de près de 20% les moyens hors personnels, créé 9000 postes en plus…"

À l’époque de sa passation de pouvoir avec Manuel Valls au ministère de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve raconte que le sujet n’est pas dans l’opinion publique comme il l’est aujourd’hui :"Je suis alors surpris du temps qu’il y consacre" [lors de leur échange].

Sur la mort du jeune militant Rémi Fraisse, sur le barrage de Sivens, épisode qui a marqué le mandat de l'ex-ministre de l'Intérieur, il s'explique : "Les paroles de compassion [auprès de la famille], si on ne dit pas la vérité, peuvent apparaître comme une manoeuvre de diversion. C’était une erreur de concevoir la communication comme je l’ai fait. J'ai présenté ma démission [après ça] : ils [Valls et Hollande ] l’ont refusé parce qu’ils considéraient que, dans ce cas, la vérité sur mon action ne pourrait jamais surgir".

Quand au sujet sur la déchéance de nationalité pour les djihadistes français, proposition qui a plombé l'action du gouvernement dont il a fait partie : 

L'avenir de la gauche

Sur l'avenir de son camp et le rôle qu'il pourrait y jouer, Bernard Cazeneuve reste prudent mais volontaire : "J’aspire à ce que la gauche fasse un travail de fond sur les idées (...) Pour que la gauche humaniste renaisse, il faut un pôle humaniste. La question environnementale est fondamentale, mais nous ne pouvons pas nous priver de croissance, de redistribution, de justice sociale, la gauche ne peut pas renoncer. "

Quant à ses ambitions personnelles, il botte en touche : "Ce serait absurde de venir chez vous et d’annoncer que je suis candidat pour 2022. La première chose à faire, c’est de dire quelle est cette vision [pour la gauche], créer cet espace (...) Ensuite, les socialistes devront dire quel est leur choix".

  • Légende du visuel principal: Bernard Cazeneuve © Radio France / Anne Audigier
Les invités
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.