La présidente du Rassemblement National, Marine Le Pen, est l'invitée du Grand entretien de France Inter. Elle évoque la situation sanitaire et économique en France, et revient sur son discours offensif sur l'insécurité, grandissante selon elle.

Pour la présidente du RN, "le gouvernement se trouve confronté à une difficulté qui consiste à rattraper le temps perdu : il a toujours un temps de retard sur les erreurs commises au début de la crise sanitaire, comme l’absence de masques ou de tests."

Elle estime que la grande question en suspens, c'est celle des frontières : "On est dans une circulation du virus qui n’est pas terminée, et les frontières françaises ne font toujours pas l’objet de contrôle sérieux comme dans d’autres pays en Europe. Je demande à ce que dans les 72 heures qui précèdent un voyage en France, il y ait un test qui soit effectué, que les pays dans lesquels on sait que les tests ne sont pas fiables, ils soient faits sur le territoire français."

Quant aux anti-masques, elle leur adresse ce message : "Je leur dis que je pense qu’il faut respecter ces consignes. En l’absence d’autres mesures, en l’absence de vaccin, le port du masque est un des seuls éléments qui permette d’éviter une aggravation de la contamination."

Elle se dit également pour la réduction de la quatorzaine actuelle à 7 jours, comme le souhaite notamment Olivier Véran. "Je ne vois pas d’inconvénient à ce qu’on adapte les règles aux nouvelles connaissances médicales. Ça me paraît aller plutôt dans le bon sens. Les Français ont été très respectueux de ces règles-là, la seule chose qu’on demande c’est qu’elles ne soient pas irrationnelles, et qu’on les fasse respecter avec mesure."

Le plan de relance, trop chiche avec les TPE/PME

"Le problème ce n’est pas le montant global de l’enveloppe, mais la manière dont on l’utilise", estime Marine Le Pen. "Nous sommes confrontés à une crise qui, semble-t-il, va être catastrophique. Moi ma priorité, c’était les TPE/PME, parce que ce sont elles qui sont le vivier d’emplois dans notre pays. Il me semble que ce plan va plutôt au bénéfice des grands groupes, comme souvent avec Emmanuel Macron."

"Les TPE/PME reçoivent 3 milliards, sur 100 milliards, ce n’est pas à la hauteur de ce qu’on doit faire pour les protéger, alors qu’elles sont en première ligne de la crise."

Police et justice, à nouveau au cœur du programme du RN

Marine Le Pen ne se réjouit pas du tout des mesures prises par Gérald Darmanin pour sanctionner plus systématiquement la consommation de cannabis. Pour elle, c’est même "le début de la dépénalisation". "On vient de contraventionnaliser la consommation de drogue, alors qu’avant c’était un délit. On ne peut pas dire qu’il y a une plus grande fermeté alors que les sanctions mises en œuvre sont très inférieures à celles qui existaient avant. Petit à petit, fumer du cannabis dans la rue sera équivalent à ne pas porter de masque."

Elle s'en prend aussi à nouveau au ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, et à sa "vision idéologique pire que celle de Mme Taubira". "Il considère que la prison ne doit être utilisée qu’en dernier recours, il est dans cette vision de la culture de l’excuse, de l’alternative à la prison. Or l’alternative à la prison pour un criminel, c’est la liberté."

Pour elle, même si les chiffres sur le long terme démontre souvent l'inverse, "on peut toujours magouiller, triturer les statistiques : on est confronté à un déni idéologique de la réalité de ce que vivent les Français."

  • Légende du visuel principal: Marine Le Pen © AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
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