Bruno Retailleau, sénateur de Vendée et président du groupe LR au Sénat, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand à 8h20.

Sur le discours d'Emmanuel Macron sur l'Eglise

Bruno Retailleau dit "hésiter entre deux analyses : s'il s'agit de marquer l'empreinte chrétienne de notre civilisation, c'est une évidence historique. S'il s'agit d'une opération de reconquête électorale, _il faut attendre pour voir, car Emmanuel Macron parle de retisser le fil_, mais sur une politique qui a été détricotée par François Hollande comme celle de la famille, il s'inscrit pour l'instant dans le droit fil". 

Le sénateur explique que selon lui, "François Hollande pendant son quinquennat a voulu promouvoir une économie de l'offre, c'était la première fois que la gauche s'y mettait, et il a équilibré cela avec une politique sociétale qui a mis au ban de la société notamment les catholiques avec la Manif pour Tous (...) : ces phénomènes ont cristallisé une sorte de malaise".

Pour autant, il dit ne pas encore parvenir à distinguer quelle est exactement la conception de la laïcité par le président de la République. "Il a déjà repoussé un discours prévu sur la laïcité", explique-t-il, précisant être pour sa part "_attaché à une conception de la citoyenneté française qui réserve la religion pour l'intime_, même si les mot de liberté, d'égalité, de fraternité, doivent beaucoup à des idées forgées dans le creuset chrétien".

Sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Bruno Retailleau dit avoir soutenu les forces de l'ordre qui font respecter la loi, même s'il trouve étrange "les images spectaculaires que le gouvernement convoque pour montrer sa fermeté", et veut faire un point "dans quelques semaines" pour voir quel type d'évacuation a eu lieu sur Notre-Dame-des-Landes. "Mais les zadistes ont gagné, le chantage à la violence a fait plier le gouvernement, d'autant plus qu'Emmanuel Macron en avait fait un de ses engagements de campagne".

Que va devenir la zone ? Le sénateur de Vendée souhaite la réimplantation d'exploitations agricoles, "mais dans un projet défini collectivement par la profession agricole et certainement pas par des groupuscules qui voudraient échapper aux contraintes que les autres subissent". Répondant à un auditeur qui lui reprochait de ne pas décrire la réalité de la vie sur la ZAD, il maintient : "Je voudrais qu'il écoute les riverains, les commerçants qui ont vécu la terreur, le menuisier volé par les zadistes, ce sont des gens qui ne veulent pas entendre parler de la loi de la République". 

Sur les autres mobilisations

Est-ce la même mobilisation que l'on constate ailleurs, comme dans les facultés ? "Idéologiquement il y a aussi cette idée de construire une contre-société, y compris par la violence, en sortant des règles démocratiques. On a bien vu à Nuit Debout un prémice de ce genre de choses". 

Bruno Retailleau irait-il jusqu'à parler de "convergence des luttes" ? "C'est trop tôt pour le savoir, mais il y a un malaise (...) : c'est un paradoxe chez Emmanuel Macron, il récuse le clivage politique, et en même temps il est extrêmement clivant : il a besoin d'une forme de manichéisme, il y a son camp, le camp du bien, et le camp du mal". Citant l'exemple de l'échange entre le Président et des retraités lors d'un déplacement à Tours, il affirme que "le plus intéressant c'est d'écouter les réactions qu'il a spontanément : ce conflit générationnel, il l'attise". 

Sur la situation en Syrie

S'il soutient la mise en place d'une enquête internationale pour déterminer ce qu'il s'est passé en Syrie, Bruno Retailleau dit ne pas croire "que sur la Syrie qui enchevêtre des couches de guerre impressionnantes, ajouter la guerre à la guerre constitue une avancée pour la paix. Il y a un an, dans la nuit du 6 au 7 avril 2017, Donald Trump a envoyé des missiles, est-ce que ces frappes ont fait avancer la cause de la paix là-bas ? 

"Les images sont terribles. _Le jour viendra où Bachar devra en répondre_. Ce qui est urgent aujourd'hui, c'est que la diplomatie travaille. Mais notre politique sous Hollande nous a éjectés de Syrie, on a laissé la place notamment à la Russie, et il est impossible aujourd'hui d'y revenir".  

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Bruno Retailleau en 2017 lorsqu'il annonça qu'il quittait son poste au Conseil Régional pour celui de sénateur © Maxppp / Olivier LANRIVAIN
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