Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, est l'invitée du grand entretien d'Ali Baddou à 8h20.

Avec le confinement, "les modes d’achats ont changé, les Français passent plus par le Drive et on comprend pourquoi. Avoir une augmentation de 140 % pour la farine, de 99 % des pâtes, 65% pour le vin, ce n’était jamais arrivé", a estimé Christiane Lambert, patronne de la FNSEA, premier syndicat des agriculteurs. "Les distributeurs sont passés par un approvisionnement plus Français, qui sont plus qualitatifs mais plus chers aussi."

"Toute la chaîne alimentaire a bien fonctionné pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de pénurie et il n’y en a pas. Aujourd’hui beaucoup se rendent compte que les marchés ne se remplissent pas tout seuls. Nous avons une agriculture diversifiée, même si on importe aujourd’hui 45 % de nos légumes. Cela fait revenir la question de la sécurité alimentaire", a estimé Christiane Lambert. 

"Les Français mesurent la valeur de l'alimentation"

"Le modèle dit industriel permet de répondre aujourd’hui", estime-t-elle. "Les Français font leurs courses à 75% dans la grande distribution. Mais qui peut produire de la farine avec une augmentation de 140% en une semaine? Aujourd’hui, les Français mesurent en revanche plus la valeur de l’alimentation, la valeur proximité. C’est pour ça que nous avons fait en sorte que les marchés puissent rouvrir.

"Les Français s’attardent plus sur ce qu’ils mangent. Si le confinement sert à cette pédagogie de l’alimentation ce sera positif." 

"Si les consommateurs suivent, nous pourrons faire ce virage", estime Christiane Lambert. Mais jusqu'à présent, regrette-t-elle, "les distributeurs ont eu le leitmotiv d’avoir une alimentation pas chère, privilégiant le pouvoir d’achat des consommateurs à celui des producteurs". 

  • Légende du visuel principal: Christiane Lambert © AFP / Ludovic Marin
Les invités
  • Christiane LambertPrésidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA)
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