Marine Le Pen, présidente du RN, est l'invitée du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

Sur le mouvement de protestation qui secoue les États-Unis et la réponse apportée par son président Donald Trum, "Law & order" ("La loi et l'ordre") : "Si l'ordre et la loi ne sont pas la bonne manière de répondre, je ne sais pas quelle est la bonne manière" estime Marine Le Pen. "Il y a très certainement du ménage à faire dans la police (...) Le responsable de la police de Minneapolis a raison de pleurer car c'est sa police" (...) mais, affirme la chef de file RN, "certains cherchent à faire de cette émotion une situation électorale".

"Qu'il y ait une émotion, bien sûr, mais je ne suis pas dupe de l'instrumentalisation de cette émotion [à des fins] électorales"

Sur les mesures annoncées cette semaine par le gouvernement, à propos des violences policières : "Le comportement du gouvernement m'inquiète : ce que nous avons depuis 3 jours est la révélation de l'abandon du respect de l'état de droit"

"L'état de droit c'est de ne pas se soumettre à l'émotion, mais de donner de la force à la loi, je n'entends pas que notre état de droit soit jeté à la poubelle" affirme encore Marine Le Pen. 

À l'égard des propos tenu par Julien Odoul, élu RN de l'Yonne, sur la famille Traoré (sur CNews, "Adama Traoré a été tué car c'était une racaille", ndlr), Marine Le Pen concède une "sottise" mais affirme, à propos du "gang Traoré" : "Ils sont tous des déliquants, graves, ça ne justifie pas que l'on considère (...) que l'on doit prendre le risque de mourir" .

Soutenir les petites et moyennes entreprises

Évoquant les 460 milliards d'euros alloués par le gouvernement contre les conséquences économiques de la crise sanitaire: "Je regrette que le gouvernement n'ai pas retenu ma proposition : avoir une attention particulière pour les TPE / PME qui peuvent mourir plus rapidement" explique celle qui "avait proposé un forfait de 1500 euros pour préserver la liquidité de ces entreprises".

Faut-il pour autant accélérer le déconfinement ? "Nous n'avons pas les éléments en main qu'a le gouvernement (...) Très certainement on peut assouplir le déconfinement" mais "la règle reste la même : tester, isoler, traiter : a-t-on les moyens?" demande la députée.

Renoncer à l'école jusqu'en septembre

Sur la situation des écoles, fermées avant le confinement, et qui peinent, une fois ouvertes, à accueillir l'ensemble de leurs élèves, Marine Le Pen se demande "pourquoi prendre le risque, pour des millions d'enfants, de voir le virus se développer. Je pense qu'il aurait fallu rouvrir en septembre, on aurait pu mettre en place des système de garde". Quand à ceux qui avancent que les systèmes de scolarisation et de cantine manquent à certains élèves, plus en difficulté que d'autres, elle avance que "nous avons un système social, en France, assez performant pour les aider (...) à se nourrir".

Ouvrir les frontières cet été? 

"Il faut avoir une vision pragmatique" estime la présidente du RN , "il y a-t-il des pays ou le virus circule largement? À l'égard de pays où le virus circule peu, on peut l'envisager (...) On peut aussi demander à ceux qui viennent d'avoir un  test négatif du covid de moins de 72 h".

"Changer les politiques pour changer de politique"

Sur les mesures de redressement prises par certaines entreprises pour éviter les licenciements, comme la baisse des salaires ou la réduction des congés, Marine Le Pen estime que c'est "inacceptable : quand un salarié est face à ce chantage, il n'y a pas de volonté exprimée de sa part, raison pour laquelle le chômage partiel doit être maintenu jusque décembre pour certains".

Deuxième tour des municipales 

"Quasi l'intégralité de nos maires a été réélu dès le premier tour" affirme Marine Le Pen, qui dit que ses électeurs n'ont pas voté en masse au 1er tour par peur du Covid, et qui les appelle cette fois à se déplacer. Sur la candidature de Louis Alliot à Perpignan, qui ne se présente pas sous la bannière RN, elle explique ne pas se déplacer pour raison sanitaire évidente mais précise : "Je soutiens la candidature de Louis, je m'en réjouis pour lui."

Quand à Paris, bien qu'elle précise ne pas voter dans la capitale, elle confie que son choix la pousserait à soutenir Rachida Dati : "Madame Hidalgo est le pire maire qui puisse exister."

  • Légende du visuel principal: Marine Le Pen © Radio France / Anne Audigier
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