L'ancien garde des Sceaux Robert Badinter, est l'invité d'un Grand entretien exceptionnel à l'occasion de la publication de "Théâtre I", un recueil de trois pièces dont il est l'auteur, par les éditions Fayard.

Avocat, ancien garde des sceaux, Robert Badinter est moins connu comme auteur de théâtre. Il publie, chez Fayard, "Théâtre I", un recueil de trois pièces qui ont toutes à voir avec la justice et le destin des hommes. L'une, déjà publiée, C.3.3., évoque le procès pour homosexualité d'Oscar Wilde. Les briques rouges de Varsovie, raconte le ghetto, aux derniers jours de l'insurrection où les personnages ont déjà vécu le pire et sont acculés dans leurs derniers retranchements. Enfin, Cellule 107, dialogue à Fresnes entre Laval, qui vit ses dernières heures avant son exécution, et Bousquet, son voisin de cellule.

Justice "incorruptible et intègre"

Mais l'ex-ministre de François Mitterand garde un oeil sur l'actualité. Et les récentes critiques sur le fonctionnement de la justice en France, après la condamnation de Nicolas Sarkozy, lui font rappeler qu'il a "toujours entendu mettre en cause la justice française", que "c'est comme ça, c'est une donnée nationale". "Mais, je ne partage pas cet avis", ajoute-t-il. 

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"Je ne dis pas que nous sommes la meilleure justice, la plus exemplaire. Mais telle qu'elle est, avec ses inévitables errements, je considère que c'est une institution, même si elle pourrait encore être améliorée, dont n'a aucune raison de ne pas être fiers", ajoute Robert Badinter.

"Que les verdicts, ici ou là, surprennent, choquent, c'est normal."

Il poursuit : "C'est une institution pauvre, il faut bien le dire. Le garde des sceaux a obtenu des moyens nouveaux et importants, tant mieux. Mais c'est une justice qui n'est pas riche, qui manque de moyens. Mais c'est une justice qui repose sur des principes. Qui aujourd'hui, face à tant de critiques, continue et reste incorruptible. J'ai tant vu d'institutions judiciaires, dans des pays que je ne nommerai pas, corrompues. Nous, la magistrature à ses défauts, mais la justice est intègre, les magistrats sont incorruptibles. Ça arrive, mais c'est extra-ordinaire. Nous ne sommes pas la première justice du monde, mais nous méritons pas ce discrédit dans lequel on s'obstine à tenir la justice française."

  • Légende du visuel principal: Robert Badinter © AFP / JOEL SAGET
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