Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, était l'invitée du Grand entretien de France Inter, mardi 11 août 2020.

La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert
La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert © Radio France / Nicolas Mathias

"Tous les agriculteurs qui ont des grandes cultures ont souffert, tous ceux qui ont des pâtures ont souffert, il y a une nécessité de réagir", a estimé Christiane Lambert, présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants (FNSEA), invitée de France Inter mardi matin. La présidente du premier syndicat agricole de France note que les filières agricoles ne peuvent "plus faire seulement des pansements, il faut faire quelque chose de structurel". "Il va falloir trouver une panoplie de dispositifs de soutien, alléger un certain nombre de charges que subissent les agriculteurs et parce que c'est exceptionnel, l'Etat devra faire un geste exceptionnel", indique Christiane Lambert. "Le ministère sait très bien que cette année exceptionnelle appellera un geste exceptionnel et des décisions exceptionnelles", ajoute-t-elle.

La présidente de la FNSEA suggère que ces aides prennent la forme d'un "allègement de la taxe sur le foncier non bâti, de l'impôt que nous payons sur les sols, des reports de cotisations sociales, mais probablement aussi des échelonnements bancaires pour que le remboursement pèse moins et que la trésorerie soit moins affectée"

Christiane Lambert explique qu'aux difficultés liées à la sécheresse s'ajoutent "des coûts supplémentaires en raison des gestes barrières" mis en place pour lutter contre le coronavirus. "Pour le plan de relance, nous avons comptabilisé le besoin à un milliard d'euros, pour la sécheresse, ce sera des aides d'urgence qu'il faudrait verser plus rapidement, des aides à la trésorerie", précise-t-elle.

Stocker l'eau de pluie

"Les moissons en céréales ont été très mauvaises cette année, les plus mauvaises avec 2016 depuis le début des années 2000. Cela représente -30% pour le blé et l'orge", constate globalement Christiane Lambert. Et pour faire face à la sécheresse, elle estime que l'une des solution, en plus d'utiliser des variétés plus résistantes, est de stocker l'eau de pluie. "En France nous stockons 1,7 % de l'eau de pluie quand l'Espagne en stocke plus de 20%. Nous connaissons aujourd'hui le climat que l'Espagne a connu il y a 20 ans."

Car planter plus tôt pour récolter plus tôt ne suffit pas toujours : "C'est déjà le cas aujourd'hui, il y a des indices de précocité pour chaque variété. Mais si le maïs a besoin de moins d'eau que le blé, il en a besoin l'été". "Donc il faut pouvoir stocker d'avantage d'eau." 

Les invités
  • Christiane LambertPrésidente de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles)
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