Que se cache-t-il derrière les injonctions au bonheur, les invitations pressantes à réussir nos vies, notre amour, notre couple, à vivre des expériences authentiques ? La sociologue et universitaire Eva Illouz, autrice du livre "Les marchandises émotionnelles", est l’invitée de France Inter.

"Beaucoup de gens sont aidés par le développement personnel et la psychologie mais il y a une nouvelle hiérarchie sociale autour de la positivité et du bonheur" estime la sociologue et universitaire Eva Illouz, autrice du livre Les marchandises émotionnelles, invitée de France Inter, jeudi matin. 

"L’émotion est un champ particulièrement important pour le capitalisme, c’est une marchandise inépuisable que l’on peut consommer à répétition ; c’est une marchandise inépuisable que l’on peut consommer à répétition" estime-t-elle. "C'est à partir des années 1970 que le capitalisme s'est développé pour proposer des biens beaucoup plus intangible qui ont trait à la formation du moi. Comme la culture du développement personnel et dont le but est de nous donner un bien être qui n'est jamais vraiment achevé. Le marché mondial du développement personnel (la psychologie, les talk shows, les workshop pour contrôler votre colère, améliorer votre sexualité) c’est un champ économique énorme."

La sociologue cite l'exemple du chercheur Martin Seligman, le "grand pape de la psychologie positive", qui a introduit "de nouveaux programmes pour lutter contre les traumas que les soldats vivent après la guerre" : "Il a inventé le concept de l’épanouissement post-traumatique. Il s’agit de considérer qu’un traumatisme est une occasion de se renforcer, de s’épanouir. D’effacer ce que Levinasse appelait le scandale de la souffrance. Sans cela, il n’y a pas non plus de conscience et d’action politique possible".

  • Légende du visuel principal: La sociologue Eva Illouz au micro de France Inter, le 11 avril 2019. © Radio France /
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