La ministre du travail Muriel Pénicaud est l'invitée du grand entretien de la matinale de France Inter avec Nicolas Demorand, et Léa Salamé.

Au lendemain des annonces d'Emmanuel Macron, annonces censées apaiser la colère des gilets jaunes, la ministre du Travail Muriel Pénicaud répond aux questions de Nicolas Demorand et Léa Salamé. 

"Le président a montré qu'il a entendu qu'il y a une urgence économique et sociale (...)  le cap est toujours le travail, la croissance l'emploi, mais on ne peut pas réparer 40 ans en 18 mois, il faut accompagner plus sur le plan social (...) j'ai trouvé que le président était courageux , il a reconnu qu'il y avait des choses qu'on avait pas bien faites, il a compris l'émotion des concitoyens."

Sur l'augmentation de salaires pour certains travailleurs du Smic :  "la prime d'activité concerne 2,6 millions de personnes en France". Pour la ministre, la hausse de cette prime, "c'est la plus grosse augmentation depuis 13 ans". 

"C'est 100 euros en plus de la revalorisation du smic", poursuit Muriel Pénicaud qui donne l'exemple pour un couple au smic avec deux enfants), "la prime d'activité c'est l'état qui paye, elle ne vise pas que les personnes au smic, c'est vraiment les travailleurs à revenus modestes, les classes populaires. La moitié des emplois sont dans les petites et moyennes entreprises. On veut encourager ce petit travail."

Sur l'annulation de la CSG pour les retraités qui gagnent moins de 2000 euros par mois : "C'est un appel à la solidarité intergénérationnelle."

Combien vont coûter à l'État ces nouvelles mesures annoncées par Emmanuel Macron ? La ministre évoque "une dizaine de milliards d'euros" : 

"Les emplois créés depuis un an sont l'équivalent de toute la population de la ville de Rennes"  poursuit la ministre qui estime que "ce qui est important, c'est que les Français comprennent ce qu'on est en train de faire."

Quand Muriel Pénicaud essuie la colère d'une auditrice

Au standard, Fanny raconte sa situation, son quotidien impossible, la disparition des services publics dans les régions comme chez elle en Bretagne : "Le pôle emploi le plus près de chez moi, c'est 70 km, un plein de réservoir (...) Le contrat d'engagement réciproque est valable pour vous aussi !"

Avec 407 euros, j'aimerai savoir comment exister 

Réponse de Muriel Pénicaud : "On ne peut pas tout résoudre en un jour sur le transport, les dépenses contraintes, on a des pistes, mais on est pas tout seul, on a ouvert vendredi les discussions."

Sur la justice fiscale, la ministre précise : "Désormais tous les dirigeants français avec des entreprises en France devront payer leurs impôts en France : ce n'était pas toujours le cas jusque là". Et elle estime que c'est valable pour les GAFA, "c'est vrai pour Amazon et les entreprises françaises, tout le monde. On avance sur le plan européen, et on avance plus vite en France."

Sur les primes aux salariés : "Si vous donnez quelque chose en fin d'année, vous serez exonéré de charges sociales, mais il n'y a pas d'obligation."

Á propos des réformes à venir et de leur difficulté d'application : "[Le problème], c'est pas tellement le temps. Dans la campagne présidentielle, on est partis des idées des gens", mais, depuis 18 mois, la ministre reconnait que le gouvernement a peut être été tenté davantage "de faire pour les citoyens et peut-être pas assez avec" :

La manière de faire doit être plus participative qu'avant

  • Légende du visuel principal: Muriel Pénicaud © AFP / Ludovic Marin
Les invités
  • Muriel PénicaudMinistre du Travail, ex-membre du comité exécutif de Danone, ancienne directrice générale des Ressources humaines et présidente du conseil d'administration du Fonds Danone Ecosystème
L'équipe
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