François Heisbourg est président de l'International Institute for Strategic Studies de Londres et le Centre de politique de sécurité de Genève. Il est également conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique de Paris.

Une réunion de l'Otan se tient aujourd'hui à Bruxelles. Ce sommet s'annonce difficile et incertain. Quel rôle ? Quel financement ? L'Otan sert-elle encore à quelque chose quand Donald Trump menace de ne plus payer pour les européens ?

Un mois après la volte-face américaine au G7, le sommet annuel de l'Otan s'ouvre dans un climat de nervosité et d'incertitudes alimenté par les critiques répétées de Donald Trump contre ses alliés de l'Alliance atlantique, alors que Washington réclame un meilleur "partage du fardeau" de la sécurité. 

Trump, la tactique et la stratégie

Au plan tactique, Trump apparaît comme quelqu'un de  "fantasque et capricieux, donc on ne comprend pas toujours ce qu’il essaie de faire…  son empire immobilier a fait faillite plusieurs fois"

Mais au niveau stratégique, c’est très clair. 

Ces relations doivent être placées sous le signe du rapport de force bilatéral. Tout réseau d’alliances permanentes, toutes règles du jeu est à proscrire, il va essayer de détruire le G7 il a les mêmes dispositions vis-à-vis de l’alliance atlantique

Donald Trump traite mieux ses adversaires ou ses non alliés, que ses alliés. 

Les membres de l'Otan se sont engagés en 2014 à porter leurs dépenses militaires à 2% du PIB d'ici 2024. 

Selon des chiffres publiés mardi par l'Otan, en 2017 seuls les Etats-Unis - qui ont versé 3,57% de leur PIB-, le

Royaume-Uni, l'Estonie, la Grèce et la Pologne ont atteint les 2% du PIB en matière d'effort de défense.

Donald Trump devrait affirmer lors du sommet de l'Otan le soutien des Etats-Unis à l'article 5 du traité de l'Alliance atlantique, selon lequel une attaque menée contre un de ses membres est considérée comme une attaque dirigée contre tous les alliés. L'an dernier, le président américain avait inquiété ses alliés en ne faisant pas état spécifiquement du soutien américain à l'égard de l'article 5 du traité. 

Une finale de Coupe du Monde diplomatiquement délicate ? 

Pour François Heisbourg, si la France tombe contre l'Angleterre en finale de la Coupe du Monde, ce ne sera pas si simple pour Emmanuel Macron. Le siège des représentants britannique à côté de lui serait vide. Si la finale c’est France croatie, pas de problème.. 

Si on est face aux Britanniques, c’est plus compliqué à cause du Novitchok… ce poison qui a été utilisé dans un attentat contre un espion. Le siège britannique sera vide et ça se verra. 

Ce ne sera pas bon pour les relations franco-britanniques. 

Légende du visuel principal:
François Heisbour © AFP / TORSTEN BLACKWOOD / AFP
Les invités
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.