Laurent Berger est l'invité du Grand Entretien de la matinale et répond aux questions de Nicolas Demorand, Léa Salamé et les auditeurs de France Inter.

Laurent Berger
Laurent Berger © Radio France / Anne Audigier

Réélu très largement à la tête de la CFDT pour un 3ème mandat, Laurent Berger trouvera-t-il le second souffle dont le syndicat réformiste semble avoir besoin pour ne pas se laisser distancer par la CGT et FO ?

Loi Pénicaud, réformes SNCF, Aides sociales... Laurent Berger durcit-il suffisamment le ton face au gouvernement et conformément aux attentes des adhérents de la CFDT ?

"Ça fait des mois que j'alerte sur la méthode, forme de mépris des organisations syndicales et sur une politique sociale qui n'existe pas", explique Laurent Berger.

"On ne baissera pas a garde sur la solidarité, on n'acceptera pas une baisse les aides sociales" poursuit le leader de la FCDT, qui demande à Emmanuel Macron d'organiser au mois de septembre un sommet social : 

Ce n'est pas 'nous ne voulons plus vous parler', mais 'nous sommes là', est ce que vous allez continuer à faire sans la société civile?

"Les partenaires sociaux doivent construire un agenda social autonome, on va ne regarder comme ça pendant quatre ans à regarder ce qu'il se passe, on va prendre nos responsabilités" explique Laurent Berger.

"Je suis pour une société où la solidarité a du sens"

Laurent Berger sur le rééquilibrage social demandé au gouvernement Macron par trois économistes qui ont pourtant travaillé avec Emmanuel Macron sur son programme économique : "Il y a urgence, plus qu'urgence"

On creuse les inégalités et on renonce à la solidarité (...) ça penche vers une conception assez anglo-saxonne et pas du tout nordique du modèle social

"Á mener une politique comme aujourd'hui, on conduit à des populismes (...)Á système électoral égal aujourd'hui, on serait en Italie", explique Laurent Berger qui rappelle que le poids du FN est toujours fort. Est-ce qu'on donne les moyens de rebondir, quelle politique d'accompagnement on fait? Cela nécessite de la dépense publique" rappelle Laurent Berger.

A propos de la grève des pilotes à Air France : "Ils instrumentalisent un certain nombre de salariés au sol qui vont le payer très cher".

A propos de la vive polémique qui a éclaté sur les réseaux sociaux la semaine dernière après la diffusion d'une vidéo montrant une dirigeante du syndicat étudiant à Paris-4 voilée, symbole pour certains d'un renoncement de l'Unef au combat laïque et féministe, Laurent Berger estime que "la défense de l'Unef sur cette affaire est ahurissante, j'aimerai pas que la CFDT le fasse et elle ne le fera pas" : "Dans les réunions syndicales, ça peut arriver dans un certain nombre de secteurs professionnels, je n'ai pas à juger....Nous ne sommes pas une fonction publique mais je pense qu'on a acquis chèrement notre déconfessionnalisation à la CFDT, j'ai pas tellement envie de faire le chemin inverse."

Le leader de la CFDT rappelle que l'organisation a par ailleurs fait attester le nombre de ses syndiqués par les commissaires aux comptes : "623 802 adhérent au 31 décembre 2017".

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