Nathalie Appéré, maire de Rennes ; David Lisnard, maire de Cannes, Delphine Bürkli, maire du XIe arrondissement de Paris et Roland Ries, maire de Strasbourg étaient les invités du Grand entretien lundi 11 mai, premier jour du déconfinement.

Quatre maires, quatre villes, quatre situations bien distinctes. Table ronde, ce lundi matin de déconfinement sur France Inter avec quatre élus locaux pour évoquer la reprise progressive et le retour (plus ou moins) à la normale, dans les écoles, les transports ou sur le plan économique. Entretien avec Nathalie Appéré, Maire de Rennes, Delphine Bürkli, maire du IXème arrondissement de Paris, David Lisnard, Maire de Cannes et Roland Ries, maire de Strasbourg. 

Le retour à l'école

"Je n’ai jamais été défavorable à une rentrée aujourd’hui", explique Roland Ries, maire dans l'une des régions les plus touchées par le Covid-19 en France. "J’ai souhaité qu’on tienne compte des particularités locales", ajoute-t-il. "La vague de Covid a déferlé à partir de l’Alsace et donc la prudence est indispensable. Ce que j’ai critiqué, c’est qu’on puisse reporter à l’automne la rentrée, six mois sans école c’est trop. En revanche, je suis favorable à une certaine souplesse tenant compte des situations locales. C’est l’équilibre entre le pouvoir centrale et les enjeux locaux. (...) Ce qui est important c’est la reprise de contact entre les enseignants et les élèves. C’est une sorte de pré-rentrée qui prépare celle de septembre." 

"Cette semaine, toutes les écoles seront ouvertes dans mon arrondissement, avec des effectifs réduits", précise Delphine Bürkli. Cela représente 850 élèves sur 3500, dans le IXe arrondissement de la capitale. "C’est une reprise mais ça ressemble à une rentrée particulière." 

Pour David Lisnard, à Cannes, dire que chaque enfant pourra retourner à l’école avant l’été, comme l'a assuré le ministre de l'Éducation ne "parait pas raisonnable". "De la grande section au CM2, on a appelé les parents, demandé à ceux qui pouvaient garder de le faire encore. Le respect du protocole vient du fait qu’on accueille peu d’enfants dans la classe. On a mis des critères sociaux ou de retour au travail."

"Il était hors de question de se retrouver avec un nombre important d’enfants dès le 11 mai", juge encore Nathalie Appéré à Nantes. Après "trois jours de pré-rentrée pour les équipes enseignantes et de la ville", les premiers élèves arriveront entre 14 et le 25 mai "pour que la santé des personnels et des enfants soit une priorité respectée". La cantine se fera dans les locaux : "Les enfants sont scolarisés deux jours par semaine et nous pouvons garantir une restauration scolaire gratuite dans de bonnes conditions. Pour éviter des allées et venues dans l’école, la restauration se fera sur place."

Les transports, "clé de voûte du déconfinement" à Paris

"Il y a bien sûr beaucoup plus de monde, mais j’ai constaté le port du masque systématique et le respect de distanciation", constate Delphine Bürkli qui estime que "les transports publics sont la clé de voûte du déconfinement en Île-de-France", une région et un territoire "sensible qui nécessite une vigilance de tous les instants". "La place de la voiture à Paris, plus qu’ailleurs, exige un débat complexe et approfondi", poursuit-elle, estimant que la maire de Paris avait pris "des positions parfois spectaculaires, comme la fermeture de la rue de Rivoli", un "coup politique pris d’une manière dogmatique".

À Nantes, "les priorités d’avant n’ont pas changé avec le Covid", insiste Nathalie Appéré à propos de l'urgence climatique. "L’objectif est de faire en sorte que les mobilités douces soient favorisées. Nous avons mis en place une offre à 100% pour le métro, 80 % pour les bus, pour que la distanciation puisse s’appliquer dans les transports. Un réseau vélo, des pistes ont été aménagées très rapidement. L’objectif c’est que les Rennais puissent se déplacer le plus facilement possible." 

Des tests organisés au Parlement européen

"J'ai été très heureux quand le président [du Parlement européen] David Sassoli m’a dit qu’il était prêt à mettre le bâtiment de Strasbourg à disposition pour les besoins de la lutte contre le Covid-19", explique Roland Ries. "On s’est dit qu’on pouvait en faire un centre de dépistage pour les contacts des personnes déclarées positives." 

À Cannes, "cinq drives et un automate à l’hôpital" sont en place pour effectuer des tests PCR, "malheureusement il n’y a pas encore de tests sérologiques", regrette David Lisnard. Ce dépistage "coûte entre 40 et 50 euros, mais est pris en charge par la Sécu car sur prescription médicale". "Le masque, le test, le bon suivi de la personne asymptomatique ou pré-symptomatique, c’est la base d’un bon suivi épidémiologique", estime l'élu azuréen. 

La reprise économique, une priorité

"Cannes est devenue la ville Française qui accueille le plus d’événements professionnels hors Paris et derrière, c’est la réalité sinistrée d’artisans et de PME sur ce secteur du tourisme d’affaire. On a peu de perspective et tout sera conditionné par la reprise économique", s'inquiète M. Lisnard. "L’enjeu est de concilier l’exigence de protection sanitaire et de la reprise de la vie sociale et économique, dans une ville qui vit de l’événementiel international."

Pour Strasbourg, ville touristique, "la fréquentation sera surtout celle de visiteurs de proximité plutôt que de touristes internationaux", d'après Roland Ries. "On est dans le  brouillard, on attend avec impatience la réouverture des cafés, restaurants et hôtels." 

  • Légende du visuel principal: Cannes © AFP / Arié Botbol / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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