Le président du Comité consultatif national d'éthique, Jean-François Delfraissy est l'invité du Grand entretien à 8h20.

Face à la crise sanitaire que la France se prépare à affronter, Jean-François Delfraissy, président du Comité consultatif national d'éthique, explique : "On devrait sortit un avis en fin de semaine qui s'appuie beaucoup sur une consultation du comité consultatif d'éthique de 2009 sur la grippe H1N1".

"On sait que les personnes les plus âgées sont les plus fragiles quand elles sont touchées par ce virus (12% de mortalité) d'où les mesures pour protéger nos anciens, d'une vision intergénérationnelle qui doit se mettre en place" explique le spécialiste , qui prône le fait de "diminuer les visites dans les Ehpad, pour ne pas dire les interdire". Il faut "protéger les anciens, et qu'on leur évite de faire des formes graves, pour que le système de santé ne soit pas trop embouteillé".

"Dans ces grandes crises sanitaires, la crise devient assez vite sociétale : sur ces sujets, il faut des décisions nécessaires du haut vers le bas, mais on doit aussi pouvoir s'appuyer sur une vision citoyenne (...) Les décisions difficiles doivent être justifiées, claires".

En italie, un médecin explique que les services hospitaliers renoncent à ventiler les malades de plus de 75 ans. Réaction de Jean-François Delfraissy : "C'est la gestion des ressources rares qui pose le choix du type de patient à prendre en compte (...) En effet, c'est l'enjeu essentiel, on parle tous beaucoup de la mortalité du coronavirus. La question essentielle c'est celle du nombre de formes graves". Avant d'évoquer, pour notre pays, le moment actuel : "Ce temps précieux de la préparation de la structure hospitalière à ce choc que vont être les formes graves. Le plus dur est devant nous, dans les semaines qui viennent."

Sur la fermeture des écoles : "Ça mériterait d'être mis sur la table, les deux extrêmes de la vie seront mis devant nous, d'un côté les personnes âgées, et de l'autres les écoles avec les enfants, [qui sont des] facteurs de transmission".

"On a un essai clinique qui démarre avec deux molécules, on est absolument pas certains que ça marche, on ne sort pas de choses des essais chinois (...)La chloroquine, sur le papier, pourrait faire quelque chose, un essai clinique débute à Marseille avec ce produit" explique Jean-François Delfraissy en évoquant des essais "en utilisant le plasma des patients guéris."

"Pour l'immense majorité des personnes touchées par le coronavirus, ce sera une simple grippe" .

"La théorie du complot ressort en permanence. J'assume le fait qu'il y a un certain nombre de choses que je ne sais pas et où je ne peux pas donner de réponse, il faut assumer le fait de dire qu'on sait ou qu'on ne sait pas".

Sur le confinement des maisons de retraites : "Il faut être intelligent, garder une forme d'isolement mais ne pas non plus les isoler. Trouver des méthodes pour le contact avec les familles". 

"On est pas parti pour trois ans, mais pour trois ou deux mois"

"Je songe à me mettre en retrait [du comité] car je considère là ou je peux etre le plus utile pour les 2 mois qui viennent et vont être extrêmement difficile, c'est dans la réponse [au Covid-19]."

  • Légende du visuel principal: Jean-François Delfraissy © Radio France / Anne Audigier
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