"C'est une crise institutionnelle majeure pour l'Europe. Sans commissaire français, la commission ne peut pas se mettre en route" estime Amélie de Montchalin, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères chargée des Affaires européennes et invitée de France Inter vendredi matin.

Alors que la candidature de Sylvie Goulard a été refusée, pour des raisons éthiques, pour le poste de commissaire européenne au Marché intérieur, la secrétaire d'État chargée des Affaires européennes estime que cette situation représente "une crise institutionnelle majeure pour l'Europe". "C’est une défaite européenne", a-t-elle poursuivi. "Avec le président de la République, avec Ursula von der Leyen [la présidente de la Commission européenne], on a un devoir aujourd’hui, c’est de résoudre cette crise, de lui apporter des réponses rapides" a-t-elle jugé, invitée de France Inter vendredi matin.

"Il faut qu’Ursula von der Leyen nous dise ce qu’elle attend de la France parce que c’est elle qui a piloté son équipe, c’est elle qui fait une proposition, c’est elle qui a organisé les choses. Et nous avons-nous en France à recevoir de sa part les instructions", a poursuivi Amélie de Montchalin.

"Un Parlement n’est pas un tribunal où on juge des affaires qui ne sont pas jugées par les tribunaux de la justice", a encore réagi Amélie de Montchalin. "Sylvie Goulard est passée devant trois commissions, elle a été auditionnée pendant six heures, elle a été examinée par la commission des affaires juridiques qui a la mission de regarder, dans ce processus, s’il y a des conflits d’intérêt. Cette commission n’a rien trouvé à redire sur les conflits d’intérêts", a ajouté Amélie de Montchalin.

"Le président de la République a proposé trois candidats parce qu’il lui [à Ursula von der Leyen] a dit chacune de mes candidates ou candidats, a des forces et des faiblesses, a des compétences, peut s’occuper de tel ou tel domaine. (...) Ce qui me gêne aujourd’hui c’est que ceux qui crient victoire au Parlement, ils ont souverainement fait leur choix, ils n’ont pas les clefs en main pour résoudre cette crise. Cette crise elle doit être résolue au plus haut niveau par Ursula von der Leyen, par le président de la République. On doit attendre d’elle des instructions, comment elle veut relancer  la Commission qu’elle a proposée".

Brexit : "ça va secouer" si aucun accord n'est trouvé

Si aucun accord n’est trouvé, "ça va secouer" a déclaré Amélie de Montchalin. "Cela ne pourra pas être le lendemain aussi bien que le veille" mais "on se prépare", a-t-elle ajouté.  La secrétaire d’Etat a mis en garde car un no-deal est "probable" : "Le no deal ça va secouer. Cela ne pourra pas être le lendemain aussi bien que la veille. On se prépare pour organiser ce qu’il se passe dans les ports, pour indemniser les secteurs où il peut y a voir des répercussions comme les pêcheurs". Elle a ensuite évoqué un "troisième scénario, c’est qu’on donne plus de temps. Mais pourquoi ? Cela fait déjà trois ans que ça dure (…)". 

Sur la question des inquiétudes de certaines régions françaises directement concernées par le Brexit : "On a un plan de soutien aux secteurs, aux régions les plus impactées. On est prêts, on a pris nos dispositions pour protéger les citoyens (…), on a fait des plans pour protéger les entreprises, on a mis de l’argent de côté, on a des dispositifs d’urgence (...). On sait que l’on va être extrêmement soudé. Tous les ministres, dans chacun de leur secteur, ont travaillé pour accompagner ceux que cela met le plus en difficulté".

  • Légende du visuel principal: Amélie de Montchalin © Getty /
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