Laurent Escure, secrétaire général de l’UNSA est l'invité de Léa Salamé et Nicolas Demorand pour cette matinale spéciale, suite aux annonces du Premier Ministre sur le projet de réforme des retraites.

Laurent Escure, invité à 8h50 du Grand Entretien le 12 décembre 2019
Laurent Escure, invité à 8h50 du Grand Entretien le 12 décembre 2019 © Radio France / France Inter

Le secrétaire général de l'UNSA, invité en seconde partie du Grand Entretien, réagit aux annonces faites la veille par Édouard Philippe. "Il y a trois choses qui nous gênent", détaille-t-il. 

Sur l'âge pivot, "une mesure 100 % MEDEF"

"Premièrement, il y a encore du flou sur les secteurs mobilisés, la RATP, la SNCF, les enseignants, l'hospitalier, les policiers, le territorial... Ensuite, le gouvernement est assez décevant sur la prise en compte de la pénibilité.

Et troisièmement, nous avons également une ligne rouge sur l'âge pivot, mais aussi sur le fait que, pour atteindre l'équilibre en 2027, ceux qui partiront en 2022 devront travailler plus, alors qu'ils ne devraient pas être concernés. C'est une mesure 100 % MEDEF."

Sur la "main tendue" d'Édouard Philippe : "il faut qu'il accepte cet amendement autour de l'âge pivot"

La veille, Édouard Philippe s'est dit à plusieurs reprises "ouvert" à la négociation avec les syndicats. "Quand on a la main tendue, c'est une bonne chose", estime Laurent Escure. Pour autant, il reste méfiant. "Ce qu'on demande au Premier ministre, c'est qu'il ne nous dise pas quelle est la fin du match. On a l'impression qu'il nous dit : vous avez la main, mais voilà ce qu'il faut faire."

Le secrétaire général de l'UNSA demande à ce que le gouvernement "laisse la main à la gouvernance, pour trouver des solutions qui seront le fruit d'un compromis. Il faut qu'il accepte cet amendement autour de l'âge pivot", persiste Laurent Escure.

Sur la suite du mouvement de grève : "l'UNSA sera dans la rue le 17"

En l'absence de garanties dans les secteurs défendus par l'UNSA, "nous serons dans la rue le 17 décembre prochain", déclare Laurent Escure. Mais il ne veut pas pour autant quitter la table des négociations : "On ne peut pas être dans le 'tout ou rien' à l'UNSA. On ne veut pas que le gouvernement soit seul pour écrire ce projet de réforme."

Le syndicat, majoritaire à la RATP et à la SNCF, appellera-t-il à une trève pour Noël ? "On va voir. Il faut que les négociations garantissent le contrat social tel que le Premier ministre l'a formulé, et il faut que ça se fasse vite. Si c'est le cas, on pourra avoir un mouvement social plus classique et peut-être des trains et des métros qui roulent. Et j'espère que les Français, mais cela dépend du gouvernement, ne seront pas ennuyés, ni à Noël ni après."

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