Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, est l'invitée du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

La ministre de la Santé explique vouloir agir  et “s’engager pour que chaque Français trouve un médecin et une offre professionnelle de santé proche de son domicile.”

La loi santé va aussi traiter la fin du numerus clausus pour augmenter le nombre de médecins formés, diversifier les profils et traiter les hôpitaux de proximité - une urgence pour notre pays - , qui seront restructurés.

À propos du grand débat, il "pointe les orientations que nous prenions. Cette loi a commencé il y a un an, les grands élus sont d’accord avec ces orientations (...) Un certain nombre de mesures vont faire l’objet d’ordonnance pour aboutir à un projet finalisé à l’été".

Fracture territoriale et hôpitaux de proximité

"C’est aujourd’hui que nous avons une médecine à deux vitesses", estime Agnès Buzyn. Nous maintenons une porte d’entrée en proximité, les hostos de proximité seront réinvestis financièrement, notamment en gériatrie, (...) les soins de rééducation, radiologie, biologie."

Aujourd'hui quand vous êtes soigné dans des hôpitaux [de zone rurale], vous n’êtes pas soigné avec la même qualité qu’en ville 

"Nous prévoyons entre 500 et 600 hôpitaux de proximité" annonce la ministre, qui précise que les maternités ne sont pas prévues dans ces hôpitaux de proximité. Dans certaines, elles fonctionnent très peu, avec un accouchement par jour, la sécurité n’y est pas toujours assurée."

Quand les maternités disparaissent

"Les maternités ne sont pas fermées", explique Agnès Buzyn qui précise que les accouchements ne s'y déroule pas pour autant : "Ce sont des centres de périnatalités de très grande qualité (...) mais l’acte d’accouchement est fait dans un plateau technique spécialisé (...) Nous vérifions que le transport pour chaque femme soit assuré comme à Die, par exemple"

En Angleterre, en Suède, les accouchement se font dans des maternités à plus de 3000 accouchements. En France, dans de toutes petites maternités, nous n’avons plus les conditions de sécurité nécessaires

Montée de la défiance face aux vaccins

Le pauvre Pasteur doit se retourner dans sa tombe (...) Les bras m’en tombent (...) En fait on veut juste sauver des vies

"Les Français voient là le mal partout, l’industrie pharmaceutique n’a pas beaucoup d’intérêt dans les vaccins, elle gagne en fait très peu avec eux, un malade non vacciné va coûter 100 fois plus cher qu’un vaccin". A propos du vaccin contre la grippe, dont le niveau a légèrement augmenté cette année : "Il faut toujours se faire vacciner, il y a des variations individuelles mais cela protège la population générale". 

La solitude des urgentistes

Un auditeur, chef de service aux urgences dans un hôpital parisien, interpelle la ministre : 

Sur le risque de certains implants mammaires

"Nous attendons les décisions des experts de l’Agence de santé du médicament (ANSM). Leurs recommandations sont d’éviter les implants de marque Allergan (...) S’il y a un lien, évidemment, il faut les interdire", conclue Agnès Buzyn. 

Une meilleure médecine psychiatrique

Lorsqu'une infirmière en centre psychiatrique fait part des difficultés et des détresses de sa spécialité, la ministre répond : "J’aimerai qu’on remarque que je suis la première à dire que la psychiatrie dans notre pays a été abandonnée, que j’ai pris le problème à bras le corps" et elle évoque près de "100 millions d’euros débloqués pour 2019", précisant qu'il "faut raviver la flamme de la pédopsychiatrie, abandonnée".

Il y a encore trop d’hôpitaux avec des pratiques d’un autre temps

"Aujourd’hui l’hôpital est le réceptacle de plein de dysfonctionnements : l’idée de la loi est de redonner du temps aux médecins, déléguer certaines pratiques (comme les vaccinations en pharmacie), désengorger les urgences".

  • Légende du visuel principal: Agnès Buzyn © AFP / Ludovic Marin
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