Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, est l'invité du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20. Sur le Huffington Post, il a publié une tribune attaquant vivement le projet de réforme des retraites.

Sur le dossier des retraites, l'ex-Premier ministre de François Hollande ne mâche pas ses mots. Après avoir publié la semaine dernière une tribune sur le Huffington Post, il estime ce mercredi sur France Inter que "les Français n’en peuvent plus de cette réforme confuse" : "On ne dispose pas des éléments qui permettent de faire un débat serein".

"Lorsque nous avons quitté le pouvoir en 2017, nous avions laissé des comptes à l’équilibre, il y a eu un redressement spectaculaire des comptes sociaux” affirme Bernard Cazeneuve.

Pour lui, "si on veut une réforme universelle à points, il faut que, sur la valeur du point, les choses soient dites clairement".

Après les allusions au gouvernement précédent faites la veille par Emmanuel Macron devant les élus de la majorité, Bernard Cazeneuve affirme que "le rôle d’un président de la République, c’est d’être dans la retenue, il doit assurer l’unité de la République".

Par ailleurs, il met aussi en cause la numérisation de la vie publique, et la communication politique sur Twitter :  

"Twitter, c’est l’usage de la phrase brève au service des idées courtes"

"Si on n’est pas transgressif, on est politiquement inapte : cela crée un climat. Être capable de ne pas chasser en meute est utile. Mais faire de la provocation n’est pas nécessaire dans un pays qui est fracturé."

À propos du débat sur les violences policières, celui qui fut ministre de l'Intérieur estime que "le ministre ne doit pas être derrière les forces de l’ordre quoi qu’elles fassent, il doit être au dessus. Il faut doit avoir une position juste et équilibrée".

Affaire Mila 

Au sujet de cette adolescente de l'Isère, qui a dû quitter son lycée après avoir été menacée de mort sur les réseaux sociaux en raison de propos hostiles à l'islam, Bernard Cazeneuve raconte s'être replongé, alors qu'il travaille sur la deuxième partie de ses mémoires racontant sa mission au sein du gouvernement, dans des polémiques du passé : "En 1881, sur la liberté de la presse, le débat était exactement le même. Clémenceau a dit alors, 'le respect que vous demandez n’a de valeur que s’il est librement consenti. Laissez tout attaquer pour qu’on puisse tout défendre'".

Qui pour redresser la gauche ?

"Si je devais un jour prendre mes responsabilité, je le ferais avec le souci de porter un projet, avec un rassemblement, si certains sont mieux placés, je me substituerai à eux". Toutefois il met en garde : "La reconstruction de la gauche ne se fera pas dans la radicalité verbale, c’est un message à Jean-Luc Mélenchon et à tous ceux qui, à gauche, le regardent avec les yeux de Chimène".

"Le sujet de fond aujourd’hui, c’est celui du sauvetage de la planète, qui pose la question de la croissance."

"La société française est rongée par le sentiment de l’injustice"

"Il faut régler le problème concret de la relation que l’on a à la croissance. La synthèse de gauche doit [se faire] entre une pensée républicaine ardente (...) une volonté de réduire les inégalités (...) et la volonté de sauver la planète."

  • Légende du visuel principal: Bernard Cazeneuve © AFP / Joel Saget
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