Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, est l'invité du Grand Entretien de la matinale de France Inter.

Sur l'affaire de Rugy qui agite le gouvernement depuis deux jours, Gabriel Attal dit comprendre l'indignation. "Il y a une succession de révélations, d'informations qui sont communiquées par voie de presse, ce qui ne rend pas évidente la réponse", explique-t-il. "Je comprends parfaitement que ça puisse choquer des Français qui ont du mal à finir le mois. Mais plus largement, quand on est un jeune engagé en politique, pour qui ce sont les premières responsabilités, ça fout un peu les boules de se dire que ça alimente l'idée que tous les politiques se gavent aux frais du contribuable, alors que ce n'est pas le cas."

La commission nationale d'investiture de LREM pour les municipales a aussi beaucoup fait parler cette semaine, avec la désignation contestée de Benjamin Griveaux pour mener la bataille de Paris. "C'est le monde d'investiture qu'on a toujours eu à la République en Marche", assure le secrétaire d'État. "Elle est tout sauf opaque. Il y a un panel, des auditions, une décision. Moi j'ai fait partie d'un parti politique, le Parti socialiste, j'ai vu ce que c'était que des procédures pseudo-démocratiques où l'on était désigné par le vote des militants, et j'ai vu les dérives que ça pouvait entraîner."

Gabriel Attal a également défendu le Service National Universel expérimenté le mois dernier. Il estime son coût, une fois étendu à l'ensemble des jeunes concernés, à "1,5 milliard". Mais "c'est aussi un investissement", explique-t-il. "Quand on met en place un bilan de santé complet pour tous les jeunes à 16 ans, qu'on détecte des pathologies qui potentiellement se seraient aggravées, on fait des économies. Quand on a des jeunes qui sont décrocheurs, qui risquent de passer plusieurs années dans l'errance, on fait aussi des économies."

Pour lui, la question du caractère obligatoire est donc secondaire. Il mise sur l'idée que les jeunes seront volontaires pour participer au SNU : "Tous les jeunes qui en sont sortis ont dit : j'ai le sentiment d'avoir grandi, d'avoir découvert que j'étais capable de faire certaines choses". Si ce n'est pas le cas, "il est possible de s'inspirer des verrous" déjà existants, comme l'obligation de l'avoir passé pour obtenir le permis de conduire ou le baccalauréat.

Justement, le baccalauréat a été agité cette année, avec la grève d'une partie des correcteurs de l'examen, "700 personnes sur 75.000 correcteurs". Gabriel Attal reprend d'ailleurs à son compte le terme de "sacrilège" lancé par son ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer : "Le bac a une part de sacré en France, c'est un rite de passage : s'attaquer à cet objet-là, oui, c'est scandaleux".

  • Légende du visuel principal: Gabriel Attal dans les studios de France Inter le 12 juillet 2019 © Radio France /
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