Brigitte Bourguignon, députée LREM du Pas-de-Calais, présidente de la Commission des Affaires sociales, est l'invitée de Nicolas Demorand.

Alors que l'Espagne a proposé au bateau Aquarius de rejoindre un de ses ports, la France ne doit-elle pas agir ? "Il y aura inévitablement des réactions. Je sais que le président de la République n'est pas du tout insensible à ce genre de questions", assure Brigitte Bourguignon, députée LREM du Pas-de-Calais. 

"Je voudrais saluer le courage de l'Espagne. La question pose un vrai problème, qui ne peut pas être réglé de manière étatique. Il doit l'être dans une dimension européenne", explique-t-elle. Interrogée plus tard sur ce qu'est, pour elle, le courage en politique, elle répond : "C'est de savoir affronter le populisme ambiant qui s'est développé en Europe (...) ; en France, ce courage on l'a, mais on l'assume autrement : l'accueil inconditionnel reste en vigueur."

Alors que le gouvernement doit présenter son projet social, la représentante de "l'aile gauche" de La République en Marche affirme : "Ce qui me faisait peur, c'est que, dans les premiers mois, nous étions dans le pan libérateur d'une économie où on libérait d'abord et ensuite on protégeait l'individu. On a fait cette protection. Les mesures vont entrer en vigueur à partir de maintenant. Les gens vont voir ces mesures autour du pouvoir d'achat", mais assure que d'autres stratégies doivent être mises en place.

"S'il y a quelqu'un qui s'est toujours battu pour libérer, émanciper, et ne pas maintenir les gens dans leur situation, c'est moi. Par contre, quand on attaque les prestations sociales sous le seul aspect budgétaire, je rue dans les brancards", affirme-t-elle. Faut-il plus de prestations sociales ? "Il n'en faut pas plus ni moins, il en faut mieux. (…) J'ai toujours fait de l'insertion sociale et professionnelle. Quand je travaillais dans un CCAS [Centre communal d'action sociale], je me suis demandée comment on pouvait accueillir dignement. L'émancipation sociale, c'est mon but dans la vie."

Quid de la proposition de campagne d'Emmanuel Macron de garantir l'assurance chômage pour les démissionnaires ? "La proposition n'est pas abandonnée, on travaille sur le texte qui a été bien amendé. _Pour les démissionnaires, on essaie d'équilibrer ce que propose le gouvernement et ce que l'Assemblée souhaite_. On est dans une loi qui vise à la liberté de choisir son avenir professionnel. Aujourd'hui, dans un contexte de chômage, on ne s'accorde pas le droit de changer de travail."

Sur le dialogue social, répondant à Laurent Berger qui déclarait lundi sur France Inter "Ils n'écoutent pas", la députée souligne l'importance de la concertation, mettant en regard la loi El Khomri et les ordonnances Pénicaud : "Quand on a eu la loi travail dans la précédente mandature, on a eu une incompréhension totale parce qu'il n'y a pas eu de concertation. Sur la loi travail, les ordonnances Pénicaud, il y a eu une concertation, les choses se sont faites avec moins de violence."

Le Parlement, aujourd'hui, est-il capable de légiférer indépendamment de l'exécutif ? "Il faut qu'on gère nos propres contradictions. Ca fait des années qu'on nous reproche de ne pas renouveler la classe politique, aujourd'hui c'est le cas, on ne leur a pas pardonné le moindre faux pas au début, _aujourd'hui on a un groupe qui travaille énormément, avec des gens qui s'investissent énormément_, avec les différences qu'on a".

La République en Marche compte-t-elle, par ailleurs, soutenir des candidats LR ou PS aux prochaines municipales, comme l'a laissé entendre Christophe Castaner ? "Dit comme ça, c'est compliqué de l'entendre", explique la députée. "Il faut voir en fonction de la réalité du terrain", affirme-t-elle, disant avoir "un seul souci : ne pas laisser le Front national s'installer." 

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Brigitte BOURGUIGNON © AFP / GERARD JULIEN / AFP
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