Philippe Sansonetti, médecin et chercheur microbiologiste, professeur au Collège de France, professeur émérite à l’institut Pasteur et auteur de "Tempête parfaite" (Seuil), est l'invité du Grand entretien de France Inter.

Pour le professeur Sansonetti, l'annonce du laboratoire Pfizer d'un vaccin anti Covid prochainement, est une bonne nouvelle, mais "il y a un problème d’éthique de la communication de ces grandes firmes qui vont vite en besogne", et il y aura d'autres communiqués d'autres laboratoires, annonce-t-il. 

Quant à la méfiance des Français face aux vaccins, "on sent, chez les jeunes parents, une hésitation car on est dans une situation où les maladies infectieuses n’existent plus et on ne voit plus la nécessité. J’essaie d’expliquer quelles sont les conséquences d’une non vaccination élargie : la rougeole revient très rapidement. Il faut assurer la formation des étudiants en médecin et des généralistes. On a besoin des industriels, car c'est par eux qu'on a une sécurité de fabrication, mais s'ils gâchent les choses par des aspects marketing, on est dans une situation dégradée."

Le professeur souscrit à cette maxime : "Pasteur, reviens, ils sont devenus fous ?" car selon lui, "la crise morale ne fait qu’amplifier les choses", et "l’anti vaccination militante a pris du poids grâce aux réseaux sociaux". 

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Le vaccin doit-il être obligatoire ? _"_Il faut s’interroger sur qui vacciner en premier :  les professionnels, les plus fragiles (s'ils répondent bien au vaccin) ? Se pose aussi le problème de l’éradication planétaire de la maladie, donc le vaccin doit être distribué de manière égalitaire."

"Je n’entends pas assez d’approche pédagogique du sujet."

Pour le professeur Sansonetti, qui vient de passer trois semaines à Shanghai, "une épidémie comme ça il faut lui sauter à la gorge", et si ça marche dans certains pays, c'est en raison, de "la conscience des populations sur la gravité. Ils se rangent rapidement aux contraintes de santé publique. Les États mettent les moyens, j’ai été impressionné par la quantité de volontaires pour suivre et détecter. Il y a tout un maillage qui nécessite des moyens logistiques et humains qui n’a pas été fait en Europe."

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"Je pense que c’est une guerre, et quand on fait la guerre on la fait véritablement"

Il estime que "les citoyens n’ont pas été suffisamment engagés. L'État a fait ce qu’il sait faire avec ses rouages et ses lenteurs.  Il y a eu un peu d'infantilisation, je l'ai vu autour de moi à l'Institut Pasteur où des gens se sont portés volontaires."

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Pour le professeur professeur émérite à l’institut Pasteur, "le gouvernement et les Français ont baissé la garde trop vite et gâché les efforts du 1er confinement".

"On a été inconscients : pour une bonne partie, c'est un problème de conscience de la gravité de cette pandémie."

Il y a eu beaucoup de confusion au mois de septembre, "on a perdu un mois" estime-t-il. Autre regret exprimé par le médecin, concernant la circulation du virus selon les situations, magasins, restaurants, salle de spectacle, etc :  "on n'a pas, finalement, de données très claires. On ne s'est pas donné les moyens de faire ces études. Il faut que notre pays devienne un pays de prévention, pas uniquement un pays thérapeutique". 

  • Légende du visuel principal: Philippe Sansonetti, médecin et chercheur en microbiologie, Professeur au Collège de France © Radio France / Radio France
Les invités
  • Philippe Sansonettimicrobiologiste et professeur à l’Institut Pasteur et au Collège de France où il occupe la chaire microbiologie et maladie infectieuse
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