Nicole Belloubet, garde des Sceaux et ministre de la Justice, est l'invitée de Nicolas Demorand à 8h20.

L'attitude de la France avec l'Aquarius

Pour Nicole Belloubet, "il y a une question humanitaire, c’est évident. L’Espagne y a apporté la réponse que nous savons. Pourquoi pas la France ? Au nom d’une règle de droit maritime, en mer, c’est le port le plus proche qui doit répondre. L’Espagne est la plus proche hormis la Corse ; la réponse de la Corse était une réponse d’accueil et non de traitement. La France sera au côté de l’Espagne pour prendre en charge les migrants." 

Pour Nicole Belloubet, cela fait plusieurs mois que la France met sur la table des solutions de fond pour l'ensemble des pays européens. Il s'agit donc "de construire une vraie politique d’asile, d’aller dans les pays africains, chercher des gens qui peuvent prétendre au statut de réfugiés ; la France lutte pour une vraie politique aux frontières". 

Les règles de l’Union et le droit ne sont elles pas en train de s’affaiblir ? "Je ne crois pas. L’Europe s’est construite par le droit. Il y a une demande de reconstruction."

Surveiller les terroristes

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, avait évalué à près de 450 le nombre de détenus radicalisés censés sortir des prisons françaises d'ici fin 2019, dont une cinquantaine de condamnés pour des faits de terrorisme, une vingtaine très prochainement. 

Sur plus de 70 000 détenus en France, quelque 500 personnes sont incarcérées pour des faits de terrorisme et 1 200 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés".

Le terroriste algérien Djamel Beghal, actuellement en prison en France, est désormais interdit de territoire en France.

Si l'Algérie refuse d'accueillir Djamel Beghal, il sera assigné à résidence.

Il a été condamné en décembre 2013 à une peine de prison de dix ans pour avoir élaboré un projet d’évasion du terroriste Smaïn Aït Ali Belkacem et a été le mentor des terroristes Cherif Kouachi et Amédy Coulibaly, qui sont passés à l'action en janvier 2015 dans les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher. 

Pour l'ensemble des cas de ce type, la ministre de la Justice parle d'une surveillance préparée avant leur sortie de prison. 

Fake news : la loi reviendra en discussion

S'il n'y a pas encore de date de retour en discussion à l'Assemblée nationale sur la loi sur les  fake news, c'est "parce qu'il y a embouteillage. Mais elle reviendra à la discussion".

N’aurait il pas mieux valu de recommander la loi 1881, tout simplement ?

"La loi proposée vise une période restreinte des campagnes électorales, pour éviter les manipulations."

"Il fallait donner aux juges le pouvoir d’agir rapidement en référé, et pas au fond. Il fallait permettre aux juges de suspendre la diffusion de nouvelles erronées. La loi 1881 comporte déjà cette notion", explique la ministre de la Justice. 

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