Ian Brossat, tête de liste communiste aux élections européennes, est l'invité du Grand Entretien de la matinale de France Inter avec Nicolas Demorand et Alexandra Bensaid.

Au premier jour de la campagne des élections européennes, est-ce que l’idée d’un destin commun a encore du sens ? Ian Brossat : "J’ai 38 ans, une génération pour laquelle l’union européenne est une évidence (...) Pour sauver l’UE, il faut l’arrimer à un projet de progrès social (...) Pour sauver l’Europe, il faut qu’elle nous tire vers le haut".

"Je suis attaché à l’idée initiale : créer l’UE pour avoir un autre modèle économique (...) Il faut développer un modèle (...) qui soit tout l’inverse de ces logiques de concurrence d’aujourd’hui. Bien sûr qu’on est plus forts ensemble que séparés, et encore plus forts si on a  de la cohésion sociale. Le taux de travailleurs pauvres à l’intérieur de l’Union Européenne est passé de 7% à 10% (...) Dans le même temps, le PIB de 15 milliards d’euros à 17 milliards" affirme la tête de liste du PC aux européennes.

"La France doit mener sa propre politique, je ne suis pas favorable à une sortie de l’UE, mais il faut revoir ces traités, cette politique ultra libérale, remplacer ce critère absurde des 3% de déficit public indépassable par 0% de fraude fiscale".

La question de la fraude fiscale doit être une priorité absolu au sein de l’UE. Il n’est pas normal que des pays européens nous fassent les poches

Ian Brossard évoque la révision du budget européen : "On a une Union Européenne qui fonctionne du haut vers le bas, il n’est pas normal que le budget de la France soit présenté aux élus européens avant d’être présenté aux élus du peuple." 

La gauche sera t elle "vaporisée" par ces élections européennes? "[Les électeurs] ont raison d’être en colère, je le suis à ma manière."

Moi je ne tirerais pas dans les pattes des autres. J’ai, par le passé, tapé sur mes petits camarades, et j’ai eu tort...et surtout après le 26 mai, il faudra que nous trouvions le chemin du rassemblement

"Il va bien falloir que la gauche se reparle", prévoit Ian Brossat, "les communistes seront toujours disposé à ça", et réagissant aux propos de Jean-Luc Mélenchon : "Ce que j’ai compris, c’est qu’il a bien envie qu’on se reparle, hé bien : chiche".

Sur le statut du travailleur européen, Ian Brossat souhaite "que les travailleurs étrangers soient protégés par le même contrat qu’un travailleur français, qu’on sorte de ce dumping social". Plaide-t-il pour autant pour une sortie de l'Europe ? "Quand on regarde l’exemple britannique, ça ne me donne pas envie (...) je ne suis pas un déserteur, je veux mener ce combat". Sur les faibles scores du PC, il explique  : "Beaucoup de gens doutent de la possibilité de faire autrement : tout cela engendre beaucoup d’abstention".

Sur l'accueil des migrants, Ian Brossat veut passer plus de temps à organiser l’accueil plutôt qu’à nourrir des polémiques débiles, et propose de libéraliser les visas : "Je suis favorable à l’accueil des migrants avec une clé de répartition à l’échelle européenne".

Sur l'écologie : "Il n’est pas normal de financer la transition énergétique en taxant l’ouvrier qui utilise son diesel pour aller sur son lieu de travail (...) Je préfère qu’on mette à contribution celui qui utilise l’avion plutôt que d’aller emmerder l’ouvrier qui utilise son diesel et qui n’a plus le choix." 

On a une écologie qui n’est pas juste dès lors qu’elle demande à ceux qui ont les plus faibles moyens de faire les efforts les plus importants

  • Légende du visuel principal: Ian Brossat © AFP / Anne-Catherine Poujoulat
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