Éric Woerth, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, député LR de l'Oise, est l'invité du Grand entretien.

"J’espère que ce calendrier annoncé par le président de la République sera respecté, jusqu’au déconfinement complet au début de l’été le vrai déconfinement", souhaite Éric Woerth. "Je l’attends comme tous ceux qui nous écoutent, l’envie de reprendre la vie normalement. Comme président de la Commission des finances, assez sensibilisé aux affaires de finances publiques, c’est aussi le début du commencement de la fin des aides publiques. Et j’ai jamais vu un chef d’entreprise demander une aide en pensant que c’est formidable, il a envie de vivre de son travail."

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Il est économiquement urgent d’avoir des entreprises qui tournent. Et elles tournent évidemment de façon très différentes selon les secteurs.

"Dette privée et dette publique sont très élevées", rappelle le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale. "La dette nette est au-dessus de 1.000 milliards, mais la dette brute des entreprises n’est pas loin de 100 % du PIB. On a des entreprises qui sont beaucoup plus endettées que la plupart des autres pays et que la moyenne de l’Union européenne. C’est pas un petit sujet pour redémarrer : une entreprise très endettée redémarre plus lentement et n’a pas la capacité d’investir."

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"Il y a des entreprises qui devront rembourser leur prêt garanti par l’État, et il faut faire en sorte que tout ça soit échelonné, plus fortement que ça ne l’est aujourd’hui. On a une provision dans le budget de l’État pour les prêts garantis qui ne seront pas remboursés : elle est de 6 milliards d’euros, sur 130 milliards de PGE distribués. C’est pas beaucoup. Tout ce que je sais, c’est qu’à un moment il faut donner de l’oxygène en retardant les remboursements."

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"C’est un paradis artificiel : à un moment donné, les taux d’intérêts et l’inflation vont repartir"

Sur la dette, il estime que "la première des dettes c’est pas la dette privée, vis-à-vis des banques, c’est surtout la dette publique des entreprises : les dettes fiscales et sociales. Il y a eu des charges fiscales et sociales qui n’ont pas été payées, dont on remet le paiement, de l’ordre de 25 milliards d’euros. L’État doit réfléchir au cas par cas : pour les entreprises qui sont viables, si elles ont un échelonnement supplémentaire de ces dettes ou peuvent bénéficier d’un abandon de dette de l’État sur le fiscal et le social, alors il faut le faire."

"J’ai soutenu les plans de relance, j’ai participé à la construction de certains", rappelle Éric Woerth. "On a fait ce qu’on devait faire, c’était le fameux “quoi qu’il en coûte”. Mais à un moment, ça montre ses limites, c’est “quoi qu’il en coûte” jusqu’à ce qu’on ne puisse plus payer. Aujourd’hui, c’est soutenable parce que les taux d’intérêts sont très bas, même s’ils remontent. On paye moins cher la dette, avec plus de dette qu’il y a dix ans. Sauf que c’est un paradis artificiel : à un moment donné, les taux d’intérêts et l’inflation vont repartir, et la France sera très exposée."

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Pour lui, il faut bien "faire la différence entre l’urgence et la relance : la relance, c’est le pari sur l’avenir. La crise est une opportunité d’être capable de déclencher une croissance supplémentaire, de changer plus vite qu’on n’aurait changé s’il n’y avait pas eu la crise : transition écologique, numérique, etc. On a engagé à peu près 30 % du plan de relance tel qu’il a été voté l’année dernière, il y a encore beaucoup de marge, de l’ordre de 70 milliards."

"On est le pays qui dépense le plus dans le monde entier : il faut maîtriser la dépense publique, la hiérarchiser. Il faut cibler la relance là où elle doit être, quitte à mettre plus d’argent sur ces secteurs. Mais il faut bien mesurer l’impact que ça a : est-ce que ça produire ou pas un surcroît de croissance qui permettra in fine d’absorber cette crise ?"

  • Légende du visuel principal: Eric Woerth © AFP / BERTRAND GUAY / AFP
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