Eric Piolle, maire EELV de Grenoble, est l'invité du Grand entretien de France Inter. Il estime notamment que le gouvernement "navigue à vue" face à la crise du coronavirus.

Éric Piolle estime qu'il faut "prendre de la hauteur par rapport à cette crise" du Covid-19. Et le maire écologiste de Grenoble, invité du Grand Entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé, estime que le gouvernement "navigue à vue" : "On l'avait vu au démarrage, avec Emmanuel Macron qui expliquait le 6 mars que tout irait bien alors que la Chine avait confiné le Wuhan dès le 22 janvier. On avait vu le raté sur les masques, les difficultés sur les tests." Un couvre-feu, comme l'envisagerait le gouvernement ? La mesure “ne peut pas se faire si on n'a pas d'abord fait le travail nécessaire de dire à l’ensemble de la population le profil des personnes hospitalisées, en réanimation.”

"Nous demandons, maires de toutes les grandes villes, de partager des scénarios, d’anticiper", exhorte Éric Piolle : "À Grenoble, nous avons 18 personnes en réanimation. Les mesures administratives peuvent être nécessaires [...] ce qui manque, c’est l’autre versant : la prévention. [...] Il faut analyser où ces personnes ont été contaminées pour qu’on puisse taper au bon endroit." "J’ai du mal à penser que des personnes de 80 et quelques années en situation du surpoids ont été contaminées dans un bar après 22h", juge-t-il, après que Grenoble a été placée comme d'autres grandes villes en état d'alerte Covid maximale. 

"Nous demandons au gouvernement de passer des messages forts de prévention à destination des étudiants qui vont repartir", estime l'élu écologiste. "Le message de prévention, (savoir) d’où le virus contamine des personnes vulnérables, il faut le faire, je pense que c’est la partie qui manque."

Quatre axes pour lutter contre l'épidémie

Éric Piolle détaille quatre axes de ce qu'il pense être une politique efficace contre l'épidémie de Covid-19 : Premièrement, "protéger les personnes vulnérables". Puis, "protéger notre système économique et nos revenus" : "Le gouvernement fait une partie positive sur le chômage partiel, mais n’assure pas pour l’instant le volet de tous ceux qui ont perdu ces petits boulots. En Isère, c’est 1 200 personnes qui ont basculé au RSA depuis le printemps." Troisièmement, "protéger notre santé mentale. Ça passe par la culture, le sport, nos liens sociaux..." Et enfin, "gérer dans la durée."

Le maire de Grenoble indique aussi que "oui", il se fera vacciner contre la Covid-19 si jamais un vaccin venait à être mis au point : "La vaccination a  amené énormément de choses dans l’histoire de l’humanité pour la santé. [...] La question du vaccin ne se pose pas. Évidemment, il faudra le faire."

Sur l'urgence climatique

Pour ce qui concerne le volet climatique et l'urgence écologique, "les 150 citoyens de la Convention climat ne sont pas rassurés", juge Éric Piolle : "Ils sont inquiets parce qu’ils ont vu ce détricotage. La chose protégée par Macron, c’est le monde de l’argent. [...] À un moment, on ne peut pas à la fois en pas lutter contre les inégalités et lutter pour le climat. La question environnementale et la question sociale sont intimement liées." 

"Il y a une bonne nouvelle dans cette crise", estime l'édile : "On a su mobiliser 500 milliards, c’est colossal. [...] Là où c’est extrêmement négatif, c’est que c’est un plan de relance, là où il faudrait un plan de protection et de transition." Éric Piolle dit ainsi regretter qu'on ne mette "que 30 milliards sur le climat, sur la transition écologique, sur 2 ans [...] : c’est ce qu’il nous faudrait chaque année dans la décennie qui arrive."

Éric Piolle s'est aussi exprimé sur la question de l'insécurité ("L’ambition est de revenir aux effectifs de 2002, à une police de proximité qui soit au milieu des habitants"), et sur le sujet brûlant de la 5G : "La question, c’est celle de l’égalité des territoires, du numérique pour tous", estime-t-il. "À 20km de Grenoble, comme à 20km de Toulouse, il existe des zones blanches."

  • Légende du visuel principal: Eric Piolle © AFP / GUILLAUME SOUVANT / AFP
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