Salman Rushdie est l'invité du grand entretien de la matinale.

Le romancier Salman Rushdie est l'invité de la matinale de France Inter pour la parution de son dernier ouvrage, La Maison Golden, chez Actes Sud. Ce roman, Salma Rushdie le décrit lui-même comme "un roman social réaliste sur le New York des dix-quinze dernières années". Autrement dit, une fresque de l'Amérique qui a vu l’ascension politique de Donald Trump.

Ce roman sera le point de départ pour évoquer avec lui ce rêve américain mais aussi son rapport à l'immigration, sa vision du multiculturalisme et des montées du populisme. Sous le coup d’une fatwa de mort depuis 1989 pour la publication des Versets sataniques (1988), Salman Rushdie reviendra également sur le fanatisme et le terrorisme, les attentats de Bombay ayant été l'un des points de départ de ce dernier livre.

"Néron Golden, c’était une surprise la vitesse à laquelle ce livre est arrivé. J’ai eu l’idée d’écrire sur Néron et aussi sur l’Amérique, sur New York. 

C’est une époque intéressante, un temps étrange. Les personnages comme Néron et ses enfants sont magnifiés mais le monde est réel. 

Leurs noms vont traduire leurs destins, comme dans la tragédie. L’homme ne peut échapper à son destin.

Je suis très fier de mon idée de l’identité comme un endroit imaginaire où, dans de nombreuses cultures, des sujets comme le genre ou le sexe sont compliqués. 

Ce livre commence dans les années Obama et se termine dans les années Trump. C’est un arc qui nous mène d’un moment de grand optimisme à un moment de grande folie."

"Obama, s’il vous plaît, revenez."

Trump, je l’appelle le joker, je ne voulais pas son nom dans mon livre.  Il est uniformément horrible. La littérature a un rôle à jouer face aux fake news. La fiction peut rétablir les liens avec la vérité. 

"On n’assiste pas à un  effondrement de l’occident, l’époque est sombre mais il y a de la résistance. Je ne crois pas au désespoir. La vérité c’est que un tiers de l’Amérique est folle, mais le reste n’est pas tellement fou.

Trump n’est pas très important dans mon livre, ce petit démon est vraiment à la marge de l’histoire. 

Les attentats de Bombay en 2008 sont le départ de ce livre. Il y a une relation étrange entre les djihadistes et la mafia de Bombay. Face au fondamentalisme, il faut continuer à maintenir le cap, à continuer à être qui vous êtes. 

Il y a trente ans, Isabelle Adjani a lu un extrait de mon livre pendant les César, c’était important pour moi à l’époque et je l’ai remerciée. 

Les Versets sataniques, c’est de l’histoire ancienne. J’en ai un peu assez que l’on me parle de cela.

Je soutiens Charlie Hebdo. Pour moi, ça a pris dix ans pour m’en sortir."

Au sujet du Mondial de football, "si ça avait une équipe de blancs, vous n'auriez pas gagné la coupe du monde".

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