Gilles Babinet, Responsable des enjeux de l'économie numérique auprès de la Commission Européenne et vice-président du Conseil National du Numérique est l'invité du grand entretien.

Gilles Babinet
Gilles Babinet © Radio France / capture d'écran

Apple, Amazon, Google, Microsoft.. Comment réguler les Gafa? Les Gafa dirigent-ils le monde? Gilles Babinet, responsable des enjeux de l'économie numérique auprès de la Commission Européenne et vice-président du Conseil National du Numérique est l'invité du grand entretien d'Eric Delvaux.

Le groupe Apple vient de marquer l'histoire de Wall Street. L'Américain devient la première entreprise privée au monde à passer le cap des 1000 milliards de capitalisation en bourse, au Dow Jones, la bourse de New York. 

Apple a bénéficié du lancement de l'iPhone en 2007, avant de diversifier ses activités. Pour les autres tels Amazon, Google et Facebook, les entreprises rachètent des actions auprès de leurs propres actionnaires. 

Le 18 juillet dernier, Margrethe Vestager, Commissaire européenne à la Concurrence a une nouvelle fois frappé un grand coup contre un géant de la Silicon Valley. Elle a infligé à Google une amende record de 4,34 milliards d'euros, mais s'est défendue de nourrir une quelconque hostilité à l'égard des firmes originaires des Etats-Unis.  

Gilles Babinet : "Pour l’instant les investisseurs reconnaissent le succès de la stratégie d’Apple. Apple n'a pas sorti de nouveaux produits depuis 2011 mais se maintient". 

Quelle régulation pour les GAFAM ? 

Gilles Babinet : C’est indubitable, il y a un glissement de souveraineté des Etats  vers les GAFAM. Leur valorisation est supérieure au PIB de la France. Ils sont dans des positions de force dans les négociations internationales. Souvenez-vous de la rencontre entre Tim Cook et Mme Vestager, et Vestager qui disait 'j’ai presque été menacée'"

Les GAFAM n’obéissent pas à la régulation mais ils négocient. 

Le patron de Facebook m’avait dit que les Etats ne comprennent pas et on leur dit comment nous réguler. La régulation c’est l’enjeu des décennies à venir.

Désormais l'OCDE considèrent que ce sont les entreprises globales qui mènent la danse et captent les gains de productivité. 

Une réflexion a lieu, la France n’est pas en reste. On pourrait avoir des états plus principiels  qui dictent des notions fondamentales, qui s’appliquent au GAFA mais pour cela il faut s’entendre entre états. 

On ne peut pas dire que les GAFAM sont pas dans des abus de positions dominantes, comme l'ont été les grandes entreprises du siècle dernier,  mais elles ont des capacités de perturbations fortes sur les marchés.

Il faut voir  comment on pourrait se baser sur la masse de datas qu'elles détiennent par exemple, pour créer une forme de régulation. La régulation doit évoluer sur les cadres nouveaux.  

Un nouvel impôt ? 

Il faut revoir la base d’imposition basé sur le siège social. 

Il faudrait quelque chose qui ressemble à la TVA mais cela passe par la disparition des paradis fiscaux, et par des accords internationaux. 

Aux USA, le régulateur est moins contraignant qu'en Europe. 

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