Alors que la question du harcèlement en ligne est revenue sur le devant de la scène et que celle de l'anonymat sur Internet est en plein débat, le secrétaire d'État chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi est l'invité du grand entretien à 8h20.

Internet est-il condamné à être une zone de non-droit en la matière ? Pour Mounir Mahjoubi, la question est urgente : "on n'a jamais eu autant d'actes de harcèlement, d'actes antisémites, d'actes de racisme, d'actes homophobes en ligne". Il estime que la solution passe par trois acteurs importants : "la plateforme, qui porte ces contenus ; les émetteurs de ces messages, qu'il faut retrouver et condamner, à qui il faut rappeler que ça n'est pas possible ; et les victimes, qui ont été les grands oubliés de tout ce dont on a parlé ces dernières années."

"C'est un sujet complexe, mais on a un plan d'action qui touche tout le monde", explique le secrétaire d'État au Numérique. "La solution elle ne passe pas seulement par le retrait de ces contenus par ces plateformes sous peine d'amende, il faut aussi aller à la base, commencer par l'éducation et la formation, ensuite faciliter la façon de signaler et de détecter ces contenus, et enfin il faut surveiller."

D'autant que selon lui, il existe déjà des outils juridiques pour condamner ces pratiques, y compris venant de comptes anonymes : "Aujourd'hui, à chaque fois qu'on a mené une enquête, on a retrouvé les personnes, c'est très rare qu'on ne retrouve pas la personne. Quand quelqu'un publie ça, il faut qu'il sache que nous le retrouveront. Le problème, c'est que ça met plusieurs mois."

"Pas de levée générale de l'anonymat sur Internet"

La question de l'anonymat est d'ailleurs plus large, Emmanuel Macron s'est dit favorable à une levée de cet anonymat dans certains cas. Mounir Mahjoubi précise cette idée : "C'est pas une levée générale de l'anonymat sur Internet, par contre il y a des usages sur lesquels on ne peut plus fonctionner de manière anonyme".

Notamment tout ce qui concerne l'expression démocratique, comme les pétitions en ligne, pour lesquelles le secrétaire d'État souhaite rendre impossible la participation anonyme.

Bref, pour Mounir Mahjoubi, puisque tout le monde est sur Internet, il faudra que ce dernier "ressemble à la vraie vie" : "beaucoup de libertés mais aussi beaucoup de règles".

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Mounir Mahjoubi © Radio France / Conseil national du numérique
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