Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, est l'invitée du grand entretien d'Ali Baddou à 8h20.

La ministre des Solidarités et de la Santé assure que "la vigilance est importante et nous sommes dans l’anticipation" sur les scénarios possibles de l'évolution de l'épidémie de coronavirus. "Nous travaillons à renforcer la coopération européenne", explique la ministre. Cette coopération va concerner l’échange d’informations, la prise en charge des cas, la préparation et les achats d’équipements, avec un marché passé au niveau européen pour l’achat de masques. Pour l'instant, il n'y a pas de rupture de stock de matières premières servant à fabriquer les médicaments. 

Agnès Buzyn fait la liste des bonnes mesures à prendre : mettre les gens en quarantaine (quatorzaine). Tous les pays du monde pratiquent cela. "Ces mesures barrières fonctionnent" dit la ministre. 

"Depuis une semaine nous n’avons pas eu de nouveaux cas". 

Actuellement les ministres de la santé européens modélisent des scénarios différents. 

"Y aura-il des morts en France ?", demande Ali Baddou. 

"Aujourd’hui, je ne peux pas l’affirmer ; il est probable que nous aurons de nouveaux cas". 

"Il y a maintenant des circulations de virus dans différents territoires. Nous sommes prêts, nous avons un test, et nous testons plusieurs dizaines de personnes" . 

La ministre affirme que les tests sont fiables. 

En Chine, 60 000 000 d’habitants sont en quarantaine stricte,  et beaucoup de villes fonctionnent au ralenti. Il y a 1400 morts et 63 000 cas. 

Agnès Buzyn estime que les autorités chinoises L"prennent des mesures extrêmes. Leurs tests sont en rupture de stock, donc ils comptabilisent les cas sur la foi des radiographies de thorax". 

"Les mesures qu’ils prennent sont les bonnes mesures. "

Ce sont les seules mesures qui fonctionnent, selon la ministre, à savoir : l’isolement, et le traçage du parcours de la personne pour mettre en quarantaine les cas-contacts. 

Hôpital public : une méthode de suivi

Trois mois après le "plan d'urgence" du gouvernement, les personnels hospitaliers sont appelés à manifester ce vendredi 14 février, leur amour du service public, mais aussi leur colère, syndicats et collectifs estimant que les mesures annoncées à l'automne ne répondent pas à leurs revendications.  "Nous avons le coeur brisé" :  Saint-Valentin oblige, les collectifs Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences, à l'origine de cette nouvelle mobilisation, ont demandé aux soignants d'"apporter une fleur blanche" pour "témoigner (leur) amour à l'hôpital public".

"Ils veulent qu’on prenne en compte les difficultés qu’ils ont à travailler et on le prend en compte", répond Agnès Buzyn. 

"On a pris des mesures massives et inédites"

Elle rappelle : "nous avons signé une charte avec la fédération hospitalière de France. Nous avons promis une reprise de 30% de la dette des hôpitaux, soit 10 milliards d’euros. Cet argent, 1 milliard par an, permettra de recruter et d’ouvrir des lits. Un crédit de 150 000 000 euros, ouverts en janvier, ce sera reconduit trois fois. Nous avons mis en place les primes pour les personnels, primes territoriales, primes pour les aides soignantes."

La ministre de la Santé va maintenant voir la situation différente dans chaque hôpital, avec des problèmes différents pour chacun, problèmes de charges, de locaux vétustes, ou de recrutement.

"Je suis d’accord pour les revoir et construire avec eux une méthode d’évaluation", signale la ministre, et elle précise : 

“Je n’exclus pas des mesures complémentaires, mais je veux qu’elles viennent du terrain, et adaptées à chaque territoire”

Le financement de la réforme des retraites  

Le gouvernement envisage-t-il de recourir à l'art 49-3 de la Constitution pour imposer la réforme des retraites sans discussion ? 

"Nous ne l’envisageons pas, car l’objectif c’est que cette réforme soit discutée et enrichie". 

Agnès Buzyn déclare que "des députés de tous les bords ont présenté des amendements intéressants, et je regrette qu’ils ne puissent être discutés" , or précise-t-elle : "nous souhaitons que cette loi soit travaillée avec les parlementaires de tous les bords politiques. Il faut ce temps de dialogue, et il aura lieu à l’Assemblée nationale". 

Elle rappelle que "le choix a été fait de confier à une conférence d’équilibre de financement le soin de voir comment nous finançons cette réforme. Nous avons confié aux partenaires sociaux et à l’état en tant qu'employeur, de réfléchir les moyens de financer la réforme"

"Sans compromis, l’état reprendra la main" 

La ministre attend l’avis de la commission fin avril. "Si cet avis fait l’objet d’un compromis nous l’intégrerons dans la loi. Sinon nous reprendrons la main"

Concernant le retrait de la candidature de Benjamin Griveaux à l'élection municipales à Paris, et interrogée quelques minutes avant l'annonce de ce retrait, Agnès Buzyn ne fait pas de commentaire, et rappelle qu' elle ne pourra pas "être candidate", trop occupée par  les dossiers de l’hôpital public et du coronavirus. 

"J’avais dit à Benjamin Griveaux que je ne pourrais pas m’engager auprès de lui"

  • Légende du visuel principal: Agnès Buzyn © AFP / Lucas Barioulet
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